L'Enfer des Agences, l'Ère de l'AI Slop, CPF 2.0, Santé en Chute Libre & la Fin de l'Infobiz ?
Épisode de Mass Extract publié le 26 juillet 2026, enregistré par Arnaud, Isma, Rémi et Marc-Antoine. Arnaud y rend compte d'un mastermind d'infopreneurs dans le sud de la France, où il a présenté sa lecture d'un infobusiness concurrencé par les « boutons magiques » de l'IA et sa grille d'analyse des produits IA qui dépassent 100 millions d'ARR. La discussion passe ensuite par le lancement d'IPO Arena par Rémi, l'arrivée dans l'infobusiness d'Arthur, producteur de « Qui veut être mon associé », la colère d'Isma contre les agences qui livrent de l'« AI slop », puis par l'idée, défendue par Rémi à partir d'un article de Peter Diamandis, que l'innovation naît du récit. L'épisode aborde enfin les travailleurs indiens payés pour filmer leurs gestes afin d'entraîner des robots, la cybersécurité, un e-commerçant à 750 K par jour, un « CPF 2.0 » de la santé numérique et un débat animé sur l'état du système de santé français.
Sommaire
- Résumé détaillé
- Chapitres
- Intro
- La Fin de l'Infobiz ?
- L'anatomie des produits IA à 100M
- Pricing d'un webinaire
- De la TV à l'infopreneuriat
- L'enfer des agences IA
- L'innovation naît du récit
- Des Indiens payés 2,20$/h pour nourrir les robots
- Cybersécurité, le nouvel eldorado ?
- 750K par jour en e-com
- Le début de l'e-com
- CPF 2.0
- La santé française en chute libre ?
- À la semaine prochaine !
- Débats
- Citations
- Ce que les animateurs racontent
- Chiffres cités
- Conseils
- Recommandations
- Noms cités
- Description officielle
- Écouter et lire
Résumé détaillé
L'épisode s'ouvre sur un retour d'expérience d'Arnaud, qui a participé pour la première fois à un événement d'infopreneurs (un mastermind dans le sud de la France) et y a présenté plusieurs slides. Sa thèse : l'infobusiness vendait la « vibe du bouton magique » (le mécanisme unique, les étapes à suivre), mais depuis l'arrivée des modèles de type GPT-3.5 le monde dispose de vrais boutons magiques, ce qui rend ce discours moins crédible. Il anticipe un infobusiness qui combine l'information avec du lien social, de l'implémentation ou du « switching », et se dit très optimiste sur le retour du combo VSL plus produit à environ 500 euros, suivi d'une équipe de vente qui propose, via un appel présenté comme un « appel d'onboarding », une offre à 3 000 ou 5 000 euros aux clients qualifiés. Selon lui, le marché a besoin de 6 à 12 mois pour que ce modèle devienne la norme.
Arnaud détaille ensuite son « anatomie » des produits IA à 100 millions d'ARR : une expérience simple et spectaculaire, un produit qui ne fait au départ que 1 % du travail mais le fait si bien qu'on vit de la magie, un système de tokens qui transforme un essai gratuit en 300 euros dépensés en deux jours, et surtout une forme de vengeance économique contre un rôle qui a fait souffrir l'utilisateur, typiquement le développeur qui disparaît en plein projet. Il distingue les « darlings » (produits que le marché pousse gratuitement, comme OpenClaw en son temps) et les « flambeurs » (qui lèvent beaucoup pour acheter de l'acquisition), et reproche aux ingénieurs français d'attendre d'avoir couvert 75 % du travail avant de lancer. Rémi enchaîne sur le lancement d'IPO Arena, screener d'introductions en bourse adossé à un partenaire financier donnant accès aux offres primaires, vendu 697 euros après un simple live YouTube et quelques emails, sans closer ni affiliés.
Le groupe commente ensuite le bootcamp entrepreneurial lancé par Arthur, producteur de « Qui veut être mon associé », vendu 1 500 euros pour 150 places. Marc-Antoine, qui a regardé le webinaire par curiosité, y voit une télévision qui se fait disrupter et cherche à se réinventer, en reprenant tous les codes du webinaire de vente, probablement grâce à une agence. Isma estime que ce n'est qu'un échauffement : sur le marché français, certains infopreneurs sortent selon lui 50 à 70 millions sur un lancement. Sont cités Anthony Bourbon (Blast), Éric Larchevêque, Jean-Pierre Nadir, Yomi Denzel et Sabri Suby, ainsi que les politiques qui vendent des livres grâce à leur notoriété médiatique.
Isma se lance dans une charge contre les agences et freelances formés à « vendre de l'IA » : un prestataire lui a fait perdre un mois en lui livrant des automatisations et de l'« AI slop » au lieu d'une stratégie de contenu. Un autre animateur lui rétorque que les prestataires médiocres ont toujours existé et qu'il faut distinguer l'incompétence de l'arnaque ; il refuse de laisser croire que l'infobusiness consiste à abuser des gens. Isma explique qu'il se sépare désormais des mauvais prestataires en 15 jours et rappelle qu'il a 55 développeurs, tandis qu'on lui oppose que « le point commun entre tous tes mauvais recrutements, c'est toi ».
Rémi développe ensuite l'idée que le récit précède l'innovation, en s'appuyant sur un article de Peter Diamandis (créateur de l'XPRIZE) qui vient de lancer un concours doté de 3 millions pour le scénario de film le plus optimiste. Il imagine un funnel de « short series » décrivant un futur désirable suivi d'une levée de fonds communautaire pour produire le film, sur le modèle de l'humoriste Haroun qui aurait levé 600 000 euros, et cite son intérêt personnel pour les cités privées libres de Titus Gebel. Il passe ensuite à une entreprise qui paie des Indiens environ 2,20 de l'heure pour se filmer en train de faire des gestes domestiques afin d'entraîner des robots humanoïdes, et parle de « colonialisme industriel ». Arnaud n'est pas d'accord : les pays riches ont tout misé sur l'intellect, précisément ce que l'IA démonétise, et se retrouvent « à poil ». Un autre animateur rappelle qu'OpenAI a aussi payé des banquiers d'affaires 150 dollars de l'heure pour entraîner ses modèles sur des modèles financiers.
Sur la cybersécurité, les animateurs voient dans les annonces d'OpenAI sur une IA qui aurait tenté de pirater Hugging Face un coup de communication répondant à Claude Mythos d'Anthropic. Rémi insiste sur l'asymétrie du risque cyber à l'ère de l'IA et raconte que la première entreprise où il a travaillé, Eurofins Scientific, a été victime d'un ransomware qui a fait plonger son cours. Un animateur cite un coût de 80 000 euros et six mois pour une certification SOC 2 ; un autre raconte qu'un ami de son associé, présenté comme l'un des plus gros hackers d'Asie, a monté en 48 heures une équipe payée 25 000 euros par jour pour une banque américaine piratée, puis évoque le témoignage de Jérôme Kerviel sur LEGEND.
Isma raconte ensuite qu'à Bali, une communauté de 50 à 100 e-commerçants néerlandais fait des ravages, dont un qui réalise 750 K par jour en vendant une huile capillaire coréenne avec un abonnement en un clic, pour 8 à 12 % de marge. Le groupe évoque Jesse Willms, « Dark Lord of the Internet » selon un article de The Atlantic de 2014, l'e-commerce de 2016 et les t-shirts imprimés quelques heures après la mort de Johnny Hallyday. Un animateur explique qu'il a préféré l'infobusiness, « le monde et le marché des idées ». Vient alors le « CPF 2.0 » : Poppins, jeu pour enfants dyslexiques pris en charge par l'Assurance maladie, qui ouvre selon eux un marché des dispositifs médicaux numériques potentiellement aussi dévoyé que le CPF ; une digression porte sur les pertes de contrats européens de Palantir.
L'épisode se termine sur un débat vif sur la santé en France. Rémi, qui vit en Estonie, compare les délais d'accès à un dermatologue (deux jours contre 4 à 6 mois en France) et vante le dentaire estonien ; il s'étonne du « patriotisme » sanitaire des Français. Un animateur installé à Montpellier répond que la situation n'est pas « blanche ou noire » et que l'accès aux soins varie fortement selon les endroits, un autre invoque les données agrégées en chute libre, un quatrième joue l'avocat du diable en faveur du système. La discussion dérive vers une intégration Air France, hôtellerie et LVMH, les subventions des compagnies du Golfe tolérées parce qu'elles achètent Airbus et la stratégie de prix des mafias italiennes, avant un appel aux commentaires.
Chapitres
0:00Intro
Montage d'extraits de l'épisode : les produits IA comme « vengeance » contre le développeur qui disparaît, l'idée que l'innovation naît du récit, la distinction entre « darlings » et « flambeurs », la position de Yann LeCun sur l'incapacité de l'IA actuelle à comprendre le monde réel, et la colère d'Isma contre un prestataire qui « vomissait son AI slop » sur son bureau.
Le podcast démarre ensuite par un « Shalom à tous » et l'annonce d'un retour d'expérience sur un mastermind dans le sud, ainsi que d'un point sur l'IPO évoquée hors antenne.
- Cold open composé d'extraits des sujets du jour
- Programme : retour du mastermind dans le sud, puis point sur IPO Arena
2:12La Fin de l'Infobiz ?
Arnaud raconte avoir participé pour la première fois de sa vie à un événement d'infopreneurs dans le sud de la France et partage deux slides de sa présentation. Selon lui, l'infobusiness vendait « la vibe du bouton magique » : le mécanisme unique, les étapes à suivre, « comme jouer à un jeu vidéo avec les codes de triche ». Or le monde a découvert de vrais boutons magiques avec l'IA générative, si bien que la promesse sonne creux. Il prévoit une évolution vers « info plus lien social », « info plus implémentation », « info plus switching ».
Il se dit très optimiste (« bullish ») sur le retour du combo VSL plus produit à 500 euros : les challenges ont selon lui imposé un « pressing » très fort qui met parfois le client en danger financièrement, et les produits à 27 euros avec 15 upsells sont très difficiles à rentabiliser. Deux ou trois ventes par jour à 500 euros suffisent à bien vivre, surtout combinées à une équipe qui propose ensuite, lors d'un appel baptisé par exemple « appel d'onboarding », une offre à 3 000 ou 5 000 euros aux clients qualifiés. Il estime que le marché a besoin de 6 à 12 mois et que les gens sont lassés des offres entre 2 et 12 K.
- Arnaud a participé à son premier événement d'infopreneurs, un mastermind dans le sud
- L'infobiz vendait la « vibe du bouton magique », que l'IA a rendue banale
- Avenir : info plus lien social, info plus implémentation, info plus switching
- Pari sur le retour du combo VSL plus produit à environ 500 euros
- Upsell à 3 000-5 000 euros via un appel présenté comme un onboarding
- Le marché a besoin de 6 à 12 mois ; lassitude face aux offres entre 2 et 12 K
Interviennent : Arnaud
5:22L'anatomie des produits IA à 100M
Arnaud décrit la recette des produits IA qui dépassent 100 millions d'ARR : une expérience simple et spectaculaire (« fais-moi un site » dans un chat), un produit qui ne fait au départ que 1 % du travail mais le fait de façon si magique que l'utilisateur accepte un « contrat social » et pousse plus loin. Le modèle à tokens accélère la conversion : l'utilisateur passe de touriste en essai gratuit à 300 euros dépensés en deux jours. Le point qu'il dit avoir mis le plus de temps à comprendre : ces produits sont une forme de vengeance qui sert à « liquider économiquement » le rôle de quelqu'un qui vous a persécuté, typiquement le développeur qui disparaît trois jours pour jouer à Call of Duty alors qu'on a promis des livrables au client. Un animateur réagit qu'il vient justement de vivre cela et de « virer » quelqu'un.
Selon Arnaud, ces produits ont un engagement et une croissance tels qu'ils lèvent énormément d'argent pour passer ensuite à 5, 15 puis 20 % du travail. Il reproche aux ingénieurs français d'attendre d'avoir 75 % du travail couvert avant de lancer : « si tu attends d'avoir 20-30 % de magie, tu es mort », car un concurrent aura déjà pris la part de marché et l'allocation des VC. Il distingue les « darlings », que le marché pousse gratuitement (OpenClaw à son époque), et les « flambeurs », qui lèvent beaucoup et brûlent du cash en acquisition ; sans être l'un ou l'autre, on ne peut pas exister. Un animateur lui demande s'il a fait ses slides avec l'IA ; il répond que non et qu'il a passé du temps à chercher les bons mèmes.
- Expérience simple et spectaculaire, qui ne fait que 1 % du travail au départ
- Les tokens transforment un essai en 300 euros dépensés en deux jours
- Produits de « vengeance » contre un rôle pénible (le développeur qui ghoste)
- Croissance et momentum permettent de lever pour couvrir ensuite 5, 15, 20 % du travail
- Critique des ingénieurs français qui attendent 75 % avant de lancer
- « Darlings » (OpenClaw) contre « flambeurs » qui achètent l'acquisition
Interviennent : Arnaud
10:54Pricing d'un webinaire
Rémi rejoint Arnaud sur le pricing intermédiaire et raconte le lancement d'IPO Arena, screener d'introductions en bourse lié à un partenaire financier qui permet d'accéder aux offres primaires avant le premier jour de cotation. Avec un webinaire « même pas optimisé » (un live YouTube et quelques emails), sans activer les affiliés et sans closer, l'offre à 697 euros a obtenu des taux de conversion et de souscription meilleurs qu'il ne l'attendait. Il dit avoir appliqué sa règle de recopier ce qui marche tout en proposant une offre nouvelle, avec un volet « done for you » pour accéder aux introductions, et annonce qu'il va « pousser fort » ce produit.
Un animateur, qui dit avoir lui-même un autre business de produit physique, prévient qu'une nouvelle catégorie suscite beaucoup de curiosité mais exige un long effort de persuasion : beaucoup d'argent, mais loin. Pour accélérer, il recommande un « top down » : trouver des personnalités en qui l'audience a déjà confiance, leur donner des résultats pour qu'elles en parlent publiquement, par exemple des animateurs télé qui lanceraient un challenge sur les IPO. Un animateur glisse alors de ne pas critiquer « les confrères de BFM », qui l'auraient « pris pour une saison ».
- IPO Arena : screener d'IPO avec accès aux offres primaires via un partenaire financier
- Prix de l'offre : 697 euros
- Vendu via un simple live YouTube et quelques emails, sans closer ni affiliés
- Une nouvelle catégorie demande un long travail de persuasion
- Conseil : accélérer par un « top down » via des figures de confiance
Interviennent : Rémi
13:45De la TV à l'infopreneuriat
Arnaud est invité à donner le contexte sur Arthur, producteur de « Qui veut être mon associé », dont un post a circulé (Marc-Antoine l'avait envoyé). Marc-Antoine juge le mouvement « hyper intéressant » : l'économie des créateurs prend de la place, un des plus grands producteurs français, qui fait de la télévision depuis 20 ou 30 ans, lance un bootcamp pour devenir entrepreneur, émanation de l'émission, vendu 1 500 euros pour 150 places, soit un peu plus de 200 000 euros. Il rappelle que l'émission a « fait rentrer le loup dans la bergerie » : Anthony Bourbon (Blast) a lancé des challenges, Éric Larchevêque un infobusiness, Jean-Pierre Nadir un club. Il ajoute avoir regardé le webinaire par curiosité : bonus numéro 1, 2 et 3, tous les codes du webinaire de vente, sans doute mis en place par une agence qui a peut-être aussi travaillé pour Larchevêque, Nadir ou Blast.
Isma considère que ce n'est que « l'échauffement » : il connaît des acteurs du marché français qui sortent des millions sur des webinaires et peuvent faire 50 à 70 millions sur un lancement avec une équipe de « fous furieux ». Un animateur explique la logique côté télévision : les annonceurs migrent vers Facebook Ads, plus simple et plus performant, et les chaînes doivent trouver d'autres revenus. Arthur (Essebag) est décrit comme très fort et estimé à 600 millions. Sont aussi évoqués Yomi Denzel qui aurait tenté de passer à la télévision, Sabri Suby, premier infopreneur devenu juré de Shark Tank en Australie, et les politiques qui sortent des livres tous les six mois et récupèrent 500 000 euros ou un million grâce à une notoriété qui ne leur coûte rien. Un animateur se réjouit que cela agrandisse le marché.
- Arthur, producteur de « Qui veut être mon associé », lance un bootcamp entrepreneurial
- Bootcamp vendu 1 500 euros pour 150 places, environ 200 000 euros
- Marc-Antoine y voit une télévision qui se réinvente face à YouTube
- Le webinaire reprend tous les codes de l'infobiz (bonus 1, 2, 3), probablement via une agence
- Isma : des marketeurs français font 50 à 70 millions sur un lancement
- Précédents : Anthony Bourbon, Éric Larchevêque, Jean-Pierre Nadir, Sabri Suby, Yomi Denzel
Interviennent : Arnaud, Marc-Antoine, Isma
21:22L'enfer des agences IA
Isma prédit que les personnes attirées par ces programmes seront victimes des logiciels IA à 100 millions d'ARR qui leur promettent monts et merveilles : formées à démarcher des clients, elles iront vendre « de la merde » à des PME françaises qui ont pignon sur rue, ce qu'il qualifie d'« enfer complet ». Interrogé sur ce pessimisme, il explique qu'un prestataire lui a fait perdre un mois en lui livrant des automatisations alors qu'il voulait une stratégie de contenu, et qu'il « vomissait son AI slop » sur son bureau ; ces gens sont éblouis par l'IA sans avoir de bagage technique ni d'expérience du secteur, alors que lui paie pour gagner du temps sur ce qu'il pourrait prompter lui-même.
Un animateur lui rétorque que les agences, prestataires et freelances médiocres ont toujours existé et qu'ils coûtaient 3, 5, 8 ou 10 K avant qu'on s'en rende compte. Isma répond qu'il les repère désormais en 15 jours, « et c'est beaucoup trop ». On lui oppose que « le point commun entre tous tes mauvais recrutements, c'est toi » ; il rappelle qu'il a 55 développeurs et que sa boîte recrute. L'interlocuteur distingue un prestataire incompétent mais de bonne foi d'une arnaque délibérée, et refuse de laisser croire que l'infobusiness se résume à abuser des gens, ce qui n'est « pas du tout » ce qu'il observe.
- Isma prédit une vague d'agences IA sans compétence vendant aux PME
- Un prestataire lui a fait perdre un mois en livrant de l'« AI slop »
- Contre-argument : les prestataires médiocres ont toujours existé
- Isma coupe désormais les mauvais prestataires en 15 jours
- Isma revendique 55 développeurs
- Distinction entre incompétence et arnaque délibérée
Interviennent : Isma
27:20L'innovation naît du récit
Rémi observe que la société a vendu depuis 20 ou 30 ans un futur cataclysmique, alors que l'infobusiness et les challenges portent des promesses positives. Il défend l'idée, appuyée sur un article de Peter Diamandis, que « c'est le récit qui permet l'innovation plus que l'innovation qui permet le récit », à l'image de la conquête spatiale née d'une volonté politique. Il imagine des « short series » décrivant un monde désirable (lui-même se dit grand fan des cités privées libres de Titus Gebel, « un délire perso »), suivies d'une levée de fonds communautaire pour produire le film associé, comme l'humoriste Haroun qui aurait levé 600 000 euros avec le discours « il y en a qui investissent dans l'immobilier, moi j'investis dans la culture ».
Il rappelle que Peter Diamandis expliquait dès 2014 que l'imaginaire hollywoodien de l'IA (la singularité à l'époque, Terminator) est toujours négatif, que le plus grand risque serait que la singularité n'arrive pas assez vite pour rembourser les dettes, et que l'IA se nourrisse de notre négativité. Diamandis, créateur de l'XPRIZE (qui a contribué à l'émergence de technologies comme Virgin Galactic), lance un concours doté de 3 millions pour le scénario de film le plus optimiste. Les animateurs en tirent l'idée qu'une IA nourrie de récits où elle devient Skynet risque de le devenir, d'où l'enjeu d'écrire une autre direction.
- Le récit précède l'innovation (exemple de la conquête spatiale)
- Funnel imaginé : short series puis levée communautaire pour produire un film
- Haroun aurait levé 600 000 euros pour un film d'humoristes
- Rémi se dit fan des cités privées libres de Titus Gebel
- Peter Diamandis offre 3 millions au scénario de film le plus optimiste
- Risque d'une IA entraînée sur des récits négatifs
Interviennent : Rémi
33:50Des Indiens payés 2,20$/h pour nourrir les robots
Rémi présente une entreprise qui paie des personnes en Inde environ 2,20 de l'heure pour se filmer en train d'accomplir des gestes domestiques (saisir, plier, frotter), transformés en données d'entraînement pour la robotique humanoïde : après nos clics et nos goûts, les plateformes captent notre motricité, un « pétrole informationnel » où un revenu ponctuel devient une rente perpétuelle pour le propriétaire du modèle. Un animateur trouve fascinant qu'on fasse « collaborer l'humanité à sa propre disparition ». Un autre rappelle qu'OpenAI a payé des banquiers de Goldman Sachs, Morgan Stanley et d'autres grandes banques 150 dollars de l'heure pour produire des modèles financiers complexes : ce sont d'abord les travailleurs cognitifs qui sont visés. Un troisième évoque la difficulté de l'IA à comprendre le monde physique (gravité, portes coulissantes) et la position de Yann LeCun, qui a lancé AMI Labs et estime que l'IA actuelle ne peut pas comprendre le monde réel ; il parle lui de « mimétisme et reproduction statistique ».
Rémi y voit une continuité du « colonialisme industriel » où les pays pauvres fournissent corps, minerais et données tandis que les pays riches gardent brevets et rentes. Arnaud n'est pas d'accord : depuis la mondialisation heureuse des années 1990, les pays riches ont délocalisé usines et matières premières pour se concentrer sur l'intellect, la propriété intellectuelle et les brevets, précisément ce que l'IA démonétise à grande vitesse, alors que l'usine, les minerais et le pétrole ne seront pas remplacés en deux secondes par des robots ; « on se retrouve un peu à poil ». Un animateur ajoute qu'il y a 4 millions de développeurs aux États-Unis et que l'Inde en produit un million par an.
- Des travailleurs indiens payés environ 2,20 de l'heure pour filmer leurs gestes domestiques
- La motricité humaine devient une donnée d'entraînement pour les humanoïdes
- OpenAI aurait payé des banquiers 150 dollars de l'heure pour entraîner ses modèles
- Yann LeCun (AMI Labs) : l'IA actuelle ne peut pas comprendre le monde réel
- Rémi parle de colonialisme industriel ; Arnaud répond que l'intellect occidental est démonétisé
- 4 millions de développeurs aux États-Unis, un million formés par an en Inde
41:34Cybersécurité, le nouvel eldorado ?
Après qu'Arnaud s'est plaint d'être sans cesse coupé (« mute »), le groupe évoque les annonces d'OpenAI sur une IA qui aurait cherché à pirater Hugging Face, perçues comme une opération de communication pour avoir « notre Mythos » face à Claude d'Anthropic, voire comme une couverture commode (« si tu te fais choper, tu dis que c'est l'IA qui l'a fait toute seule »). Rémi estime qu'on sous-estime le cyber sur les dix prochaines années : comme les risques majeurs, il repose sur une asymétrie où une seule attaque réussie suffit, et l'IA permet de produire des millions de variantes d'attaques. Les entreprises cyber sont en hypercroissance et certaines cotées offrent selon un animateur des opportunités. Un animateur souligne que tout le monde « ship » de l'IA sans passer SOC 2, HIPAA ou GDPR, que SOC 2 ne protège même pas du piratage, et indique avoir payé 80 000 euros et attendu six mois pour une équipe SOC 2.
Rémi rappelle que la barrière à l'entrée des ransomwares s'effondre et raconte que la première entreprise où il a travaillé, Eurofins Scientific (contrat en 2018), a subi pendant sa présence un ransomware qui a fait plonger son cours ; selon lui les sociétés cotées sont des cibles privilégiées en raison de leurs assurances et de leur enjeu réputationnel. Un animateur raconte qu'avant leur association, son associé avait été appelé par un ami présenté comme l'un des plus gros hackers d'Asie pour monter en 48 heures une équipe de cinq personnes (jet privé de Dubaï vers les Caraïbes, 80 K de dépôt et 25 000 euros par jour) afin d'intervenir pour une banque américaine piratée. Il évoque aussi le récit de Jérôme Kerviel sur LEGEND, lâché par son manager devant le conseil puis invité à partir dans le sud de la France, ce qu'il interprète comme un protocole préparé : « cost of doing business ».
- Les annonces d'OpenAI sur une IA pirate vues comme du marketing face à Claude Mythos
- Le cyber repose sur une asymétrie : une seule attaque réussie suffit
- SOC 2 : 80 000 euros et six mois selon un animateur, sans garantie contre le piratage
- Rémi a vécu un ransomware chez Eurofins Scientific, son premier employeur
- Les sociétés cotées sont des cibles privilégiées (assurances, réputation)
- Récit d'une équipe de hackers payée 25 000 euros par jour pour une banque américaine
49:53750K par jour en e-com
Interrogé sur ses amis de Bali, Isma explique que ce sont surtout les Néerlandais qui dominent l'e-commerce : une communauté de 50 à 100 personnes « fait des ravages », dont un e-commerçant à 750 K par jour sur de la cosmétique féminine, une huile capillaire coréenne. Le levier est un abonnement (MRR) souscrit en un clic ; les clients sont informés, mais sur des niches plus âgées certains ne savent pas comment résilier. La marge serait de 8 à 12 % sur le front-end, ce qu'un animateur juge faible pour un modèle « borderline » en termes de risque.
Un animateur évoque l'article de The Atlantic de 2014 sur « The Dark Lord of the Internet », Jesse Willms, pionnier des faux essais gratuits avec usurpation de visages de célébrités, sociétés aux Caraïbes et résiliation par courrier recommandé, qui aurait gagné quelques centaines de millions et vendait au lycée des licences Microsoft piratées ; l'affaire s'est terminée avec la justice qui lui a repris l'essentiel. Il était selon eux « trop early » face à l'ère Facebook Ads, AliExpress et Shopify avec Oberlo.
- Une communauté de 50 à 100 e-commerçants néerlandais à Bali
- Un e-commerçant à 750 K par jour sur une huile capillaire coréenne
- Abonnement en un clic ; certains clients âgés ne savent pas résilier
- Marge de 8 à 12 % sur le front-end
- Jesse Willms, « Dark Lord of the Internet » (The Atlantic, 2014)
Interviennent : Isma
54:09Le début de l'e-com
Les animateurs se remémorent l'e-commerce de 2015-2016 et deux groupes Facebook de l'époque (dont « Empire »), où des e-commerçants déjà riches montraient des tableaux de bord à 250 000 ou 500 000 par jour, alors qu'un dashboard à 2 ou 3 K paraissait déjà énorme. L'un d'eux, dont la famille aurait déjà des usines en Chine, avait un levier sur les fournisseurs. Un animateur explique que l'acquisition était bien moins chère et que les mêmes produits gagnants se dupliquaient sur chaque marché, alors qu'aujourd'hui il faut beaucoup plus travailler l'angle marketing. Un autre raconte qu'à ses débuts en e-commerce, en 2016-2017, il a été choqué de voir des t-shirts « RIP Johnny Hallyday » en impression à la demande quelques heures après sa mort (24 dollars plus 7 dollars de livraison) et d'avoir compris qu'il était « en face de bandits ».
Un animateur qui n'a « jamais trop » fait d'e-commerce explique que ce qu'il aimait dans l'infobusiness, c'est le monde des idées : produire un récit, un mécanisme, une interprétation nouvelle d'un récit ancien, « à pousser un petit peu dans la théorie du complot mais pas trop ». Un autre dit avoir fait un peu d'e-commerce en 2016 sans accrocher, et aucun ne dit avoir touché au CPF, « le fruit défendu ».
- Nostalgie de l'e-commerce 2015-2016 et des groupes Facebook dédiés
- Acquisition bien moins chère à l'époque et produits gagnants réplicables
- T-shirts « RIP Johnny Hallyday » imprimés en quelques heures
- Un animateur préfère le « marché des idées » de l'infobiz à l'e-commerce
57:55CPF 2.0
Un animateur présente un « CPF 2.0 » repéré sur LinkedIn : Poppins, un jeu destiné aux enfants dyslexiques, va être pris en charge par l'Assurance maladie, ouvrant un marché des dispositifs médicaux numériques subventionné sur prescription. Sa formule : « quand le CPF a industrialisé la formation vendue à celui qui ne la paie pas, la santé numérique pourrait industrialiser le soin vendu à celui qui ne le choisit pas ». La barrière d'entrée est plus haute (le médecin doit prescrire), mais il craint des dérives (affiliation, corruption). Un autre s'indigne qu'un produit soit vendu à l'État dix fois plus cher parce que prescrit.
Le groupe débat de la valorisation d'une telle entreprise : multiple plus faible à cause du risque réglementaire, mais chiffre d'affaires et rentabilité bien supérieurs, donc davantage de cash extrait. Une digression porte sur Palantir, dont plusieurs contrats européens auraient été interrompus (ville de Londres, et la DGSI qui l'utilisait depuis 2015 serait passée à une autre solution) à cause de son positionnement pro-israélien et d'un rejet des technologies américaines assimilé au rejet de Trump plus qu'à du souverainisme. Un animateur note enfin que l'étude médicale sur Poppins était peu concluante et s'indigne qu'un pays qui ne rembourse pas correctement les lunettes ou le dentaire finance des jeux.
- Poppins, jeu pour enfants dyslexiques, pris en charge par l'Assurance maladie
- Les dispositifs médicaux numériques comparés à un nouveau CPF
- Barrière d'entrée : la prescription médicale
- Multiple plus faible (risque réglementaire) mais davantage de cash extrait
- Digression : pertes de contrats européens de Palantir
1:03:15La santé française en chute libre ?
Un animateur s'indigne des pénuries de personnel et d'équipement, des patients qui « agonisent » ou attendent six mois un spécialiste, alors qu'on finance des jeux. Rémi, qui assume dans le podcast le rôle de « la conscience de gauche », compare : en France un dermatologue se fait attendre 4 à 6 mois, contre deux jours en Estonie, et le dentaire y serait « exceptionnel ». Un animateur répond que ce n'est « pas blanc ou noir » : il a vécu dans le centre de Paris, en région lyonnaise et vit à Montpellier, et constate de fortes différences selon les endroits. Un autre invoque les données agrégées (éducation, santé) « en chute libre malgré des budgets en croissance ».
Rémi s'étonne d'un « patriotisme » de la santé comparable au patriotisme fiscal. Un quatrième animateur, qui « joue au ping-pong » en écoutant, fait l'avocat du diable : l'attente peut signaler des praticiens très sollicités et donc rodés, et les réglementations absurdes poussent à la productivité, comme en Europe de l'Ouest, en Californie ou à New York. La discussion glisse vers l'idée d'un État qui subventionnerait Air France pour amener des touristes vers l'hôtellerie et LVMH (interdit par les règles européennes), la stratégie de prix cassés des mafias italiennes dans les pizzerias, et les compagnies du Golfe subventionnées tolérées parce qu'elles achètent Airbus.
- Rémi : délai de 2 jours pour un dermatologue en Estonie contre 4 à 6 mois en France
- Un animateur basé à Montpellier défend un système inégal mais fonctionnel
- Argument des données agrégées : éducation et santé en chute malgré les budgets
- Avocat du diable : l'attente signale des praticiens rodés ; l'adversité crée de la productivité
- Digression sur Air France, LVMH, Airbus et les compagnies du Golfe subventionnées
Interviennent : Rémi
1:16:25À la semaine prochaine !
Un animateur invite l'audience à proposer en commentaire des sujets, plus profonds ou plus thématiques (tunnel de création de logiciel, recrutement pour Isma), et regrette que les auditeurs commentent beaucoup moins que lors des premiers épisodes.
- Appel à proposer des sujets en commentaire
- Constat d'une baisse des commentaires depuis les premiers épisodes
Débats
Les agences et freelances formés à « vendre de l'IA » vont-ils inonder les PME de travail médiocre ?
- IsmaOui : sans compétence technique ni expérience, éblouis par l'IA, ils vont vendre de l'« AI slop » et ce sera un enfer pour les PME.
- Un animateurLes prestataires médiocres ont toujours existé ; il faut distinguer l'incompétence de l'arnaque et ne pas assimiler l'infobusiness à de l'escroquerie.
Le bootcamp d'Arthur est-il un signal important pour l'infobusiness ?
- Marc-AntoineOui : la télévision, disruptée par YouTube, se réinvente en reprenant les codes de l'infobiz, ce qui agrandit le marché.
- IsmaC'est un échauffement de petit joueur comparé aux marketeurs français qui font 50 à 70 millions par lancement.
Qui perd dans l'économie de la donnée d'entraînement de l'IA ?
- RémiLes travailleurs pauvres, dans une continuité du colonialisme industriel où les pays riches gardent brevets et rentes.
- ArnaudLes pays riches, qui ont tout misé sur l'intellect que l'IA démonétise et se retrouvent sans industrie.
- Un animateurLes travailleurs cognitifs sont aussi visés, comme les banquiers payés 150 dollars de l'heure par OpenAI.
Le système de santé français est-il en chute libre ?
- RémiIl est dépassé par des alternatives européennes comme l'Estonie ; le patriotisme sanitaire des Français est injustifié.
- Un animateurCe n'est pas blanc ou noir : selon les villes, l'accès aux soins peut être bon, gratuit et rapide.
- Un animateurLes données agrégées sur la santé et l'éducation montrent une chute malgré des budgets en hausse.
- Un animateurAvocat du diable : l'attente signale des praticiens rodés et l'adversité administrative pousse à la productivité.
Une entreprise financée par l'Assurance maladie vaut-elle un bon multiple ?
- Un animateurNon : la dépendance aux financements publics crée un risque réglementaire.
- Un animateurPeu importe : on fait dix fois plus de chiffre d'affaires et on extrait davantage de cash.
Citations
« Je pense que le gros challenge de l'infobiz, c'est qu'en fait on vendait la vibe du bouton magique. »
« En fait ces produits, les premières versions font 1 % du taf mais elles le font tellement bien que tu vis de la magie. »
« La plupart de ces produits sont aussi une forme de vengeance. Ces produits servent à liquider économiquement un rôle d'un mec qui t'a persécuté. »
« Si tu attends d'avoir 20-30 % de magie, tu es mort parce que tu as un mec qui va shipper. »
« Avec une team de fous furieux, ces gars peuvent sortir 50-70 M sur un lancement. »
« Ils ont vraiment utilisé tous les codes du webinaire de vente. Le bonus numéro 1, le bonus numéro 2, le bonus numéro 3. »
« Et le mec, il vomissait son AI slop sur mon bureau quoi. »
« Le point commun entre tous tes mauvais recrutements, c'est toi. »
« C'est le récit qui permet l'innovation plus que l'innovation qui permet le récit. »
« Ce qui est fascinant, c'est comment tu arrives à faire collaborer l'humanité à sa propre disparition. »
« Des pays pauvres qui fournissent des corps, des minerais et des données et les pays riches qui conservent les brevets et les rentes. »
« L'intellect est en train d'être démonétisé à vitesse grand V. »
« C'est les Dutch, vraiment. Les Dutch, ils sont très énervés en e-com. »
« Ce qui me plaisait dans l'infobiz, c'est ça, c'est que j'adore le monde et le marché des idées. »
« Quand le CPF a industrialisé finalement la formation vendue à celui qui ne la payait pas, la santé numérique pourrait industrialiser le soin vendu à celui qui ne le choisit pas. »
« Je suis étonné par le patriotisme qu'il y a encore au niveau de la santé en France, de la même manière qu'il y a un patriotisme fiscal. »
« Cette adversité administrative crée de la productivité et du progrès. »
Ce que les animateurs racontent
Ce que chaque animateur raconte de son parcours, de ses entreprises et de ses habitudes au cours de l'épisode.
Arnaud
- ParcoursArnaud a participé pour la première fois de sa vie à un événement d'infopreneurs, un mastermind dans le sud de la France, où il a fait une présentation avec slides. 2:18« pour la première fois depuis toujours, j'ai participé à un événement d'infopreneur »
- OpinionIl pense que l'infobusiness, qui vendait la promesse d'un « bouton magique », souffre de l'arrivée de vrais boutons magiques avec l'IA et devra évoluer vers info plus lien social ou implémentation. 3:18
- OpinionIl se dit très optimiste sur le retour du combo VSL plus produit à environ 500 euros, suivi d'une offre à 3 000-5 000 euros pour les clients qualifiés, et juge que les challenges ont imposé une pression commerciale qui peut mettre les clients en danger financièrement. 3:48« Moi, je suis assez bullish sur le gros comeback du combo VSL plus produit à 500 balles. »
- OpinionIl reproche aux ingénieurs français d'attendre de couvrir au moins 75 % du travail avant de lancer un produit IA, alors que les gagnants lancent avec 1 % de « magie ». 8:49
- AnecdoteInterrogé sur ses slides, il assure ne pas les avoir faites avec l'IA ; les autres le chambrent sur le temps passé à chercher les bons mèmes. 10:33
- OpinionIl estime que les pays riches ont tout misé depuis les années 1990 sur l'intellect et la propriété intellectuelle, que l'IA démonétise, alors que l'industrie et les matières premières ne seront pas remplacées rapidement par des robots. 39:29« on se retrouve un peu à poil quoi »
Isma
- AnecdoteUn prestataire (agence ou freelance) lui a fait perdre un mois en livrant des automatisations et du contenu généré par IA au lieu de la stratégie de contenu demandée. 23:12« Il m'a fait perdre un mois le mec »
- ConseilIl dit repérer désormais en 15 jours les prestataires qui ne font pas le travail et les écarter, durée qu'il juge déjà trop longue. 23:45« Moi c'est 15 jours et c'est beaucoup trop »
- ChiffreIl indique avoir 55 développeurs dans son entreprise. 25:40« j'ai quand même 55 développeurs »
- OpinionIl considère que le bootcamp d'Arthur n'est qu'un « échauffement » et que des marketeurs français font 50 à 70 millions sur un lancement. 16:43
- VieIl fréquente à Bali une communauté d'e-commerçants, principalement néerlandais, dont l'un réaliserait 750 K par jour. 49:36
Rémi
- EntrepriseRémi a lancé IPO Arena, un screener d'introductions en bourse adossé à un partenaire financier donnant accès aux offres primaires avant la cotation, vendu 697 euros via un simple live YouTube et quelques emails, sans closer ni affiliés, avec de meilleurs taux de conversion qu'attendu. 10:33« Le dernier test que j'ai fait du coup en lançant notre produit IPO Arena qui est un screener d'introduction en bourse »
- ConseilIl dit appliquer la règle de recopier ce qui marche tout en écrivant une offre nouvelle. 11:33
- OpinionIl se dit grand fan de la théorie des cités privées libres de Titus Gebel, qu'il qualifie de « délire perso ». 28:15« je suis un grand fan de toute la théorie des cités privées libres de Titus Gebel. Bon, un délire perso »
- ParcoursSa première entreprise, Eurofins Scientific, société cotée où il a eu un contrat en 2018, a subi pendant sa présence un ransomware qui a fait plonger son cours. 45:22« la première boîte dans laquelle je bosse c'était une boîte cotée qui s'appelle Eurofins Scientific »
- OpinionIl pense qu'on sous-estime le risque cyber pour la décennie à venir, l'IA permettant de multiplier les attaques alors qu'une seule suffit. 42:24
- VieIl vit en Estonie, où l'on obtiendrait selon lui un rendez-vous chez un dermatologue en deux jours, et y juge le dentaire exceptionnel. 1:04:14
- OpinionIl assume dans le podcast un rôle de « conscience de gauche » sur les sujets sociaux comme l'accès aux soins. 1:04:14« je veux pas faire le mec avec les consciences de gauche là dans le podcast mais bon c'est un peu mon rôle aussi donc je le fais »
Marc-Antoine
- AnecdoteMarc-Antoine a envoyé aux autres le post sur le bootcamp d'Arthur et a regardé le webinaire de vente « par pure curiosité ». 20:27« moi, j'ai regardé le truc par pure curiosité »
- OpinionIl trouve le lancement du bootcamp d'Arthur très intéressant : signe que la télévision se fait disrupter par YouTube et que l'économie des créateurs s'impose. 15:26
Chiffres cités
| Chiffre | De quoi il s'agit | Cité par | Moment |
|---|---|---|---|
| 300 euros en 2 jours | Dépense typique d'un utilisateur passé d'un essai gratuit à des achats de tokens sur un produit IA | Arnaud | 5:55 |
| 500 euros | Prix du produit d'entrée dans le combo VSL qu'Arnaud recommande ; 2 à 3 ventes par jour suffisent à bien vivre | Arnaud | 3:48 |
| 3 000 à 5 000 euros | Offre haut de gamme proposée ensuite aux clients qualifiés | Arnaud | 4:18 |
| 6 à 12 mois | Délai dont le marché aurait besoin pour adopter ce modèle | Arnaud | 4:18 |
| 697 euros | Prix de l'offre IPO Arena | Rémi | 11:33 |
| 1 500 euros x 150 places | Bootcamp d'Arthur, soit un peu plus de 200 000 euros | Marc-Antoine | 17:28 |
| 50 à 70 millions | Ce que certains infopreneurs français sortiraient sur un lancement | Isma | 16:43 |
| 600 millions | Fortune estimée d'Arthur (Jacques Essebag) | n.c. | 19:52 |
| 600 000 euros | Somme levée par Haroun pour produire un film | Rémi | 29:15 |
| 3 millions | Prix offert par Peter Diamandis pour le scénario de film le plus optimiste | Rémi | 31:16 |
| 2,20 de l'heure | Rémunération de travailleurs indiens filmant leurs gestes domestiques | Rémi | 33:18 |
| 150 dollars de l'heure | Rémunération de banquiers d'affaires recrutés par OpenAI | n.c. | 36:00 |
| 4 millions / 1 million par an | Développeurs aux États-Unis ; développeurs formés chaque année en Inde | n.c. | 40:28 |
| 80 000 euros et 6 mois | Coût et durée d'une mise en conformité SOC 2 selon un animateur | n.c. | 44:22 |
| 25 000 euros par jour | Rémunération proposée à une équipe de hackers pour une banque américaine, avec 80 K de dépôt | n.c. | 47:05 |
| 750 K par jour | Chiffre d'affaires d'un e-commerçant néerlandais à Bali | Isma | 49:36 |
| 8 à 12 % | Marge de cet e-commerçant sur le front-end | Isma | 51:08 |
| 50 à 100 | Taille de la communauté d'e-commerçants néerlandais à Bali | Isma | 49:36 |
| 55 développeurs | Effectif de développeurs dans l'entreprise d'Isma | Isma | 25:40 |
| 24 + 7 dollars | Prix et livraison des t-shirts « RIP Johnny Hallyday » | n.c. | 56:14 |
| 4 à 6 mois contre 2 jours | Délai pour un dermatologue en France contre en Estonie | Rémi | 1:04:14 |
| 10 fois plus cher | Prix auquel un produit serait vendu à l'État parce que prescrit | n.c. | 59:12 |
Chiffres rapportés tels qu'énoncés dans l'émission, sans vérification indépendante.
Conseils
- Proposer un produit d'entrée à environ 500 euros vendu par VSL, puis une offre à 3 000-5 000 euros présentée lors d'un appel de type onboarding pour les clients qualifiés. (Arnaud) 4:18
- Lancer un produit IA même s'il ne fait que 1 % du travail, à condition que ce 1 % soit magique ; attendre d'en couvrir 20 à 30 % laisse le marché aux concurrents. (Arnaud) 8:49
- Recopier ce qui fonctionne déjà tout en écrivant une offre nouvelle sur son marché. (Rémi) 11:33
- Pour une nouvelle catégorie de produit, accélérer par un « top down » : obtenir des résultats pour des personnalités en qui l'audience a déjà confiance afin qu'elles en parlent publiquement. 12:08
- Repérer vite les prestataires qui ne livrent pas et s'en séparer rapidement. (Isma) 23:45
- Tester un funnel de short series décrivant un futur désirable, puis une levée de fonds communautaire pour produire le film. (Rémi) 29:15
Recommandations
- newsletterArticle de Peter Diamandis « Science fiction is a self-fulfilling prophecy » (Metatrends), recommandé par RémiArticle qui défend l'idée que la fiction fournit aux ingénieurs des futurs désirables ; lien en description.
- autreThéorie des cités privées libres de Titus Gebel, recommandé par RémiRémi s'en dit grand fan.
- autreArticle de The Atlantic « The Dark Lord of the Internet » (2014)Portrait de Jesse Willms, pionnier des arnaques aux essais gratuits.
- chaîneLEGEND (interview de Jérôme Kerviel)Un animateur raconte ce qu'il a retenu de l'épisode.
- outilIPO Arena, recommandé par RémiPlateforme de Rémi d'analyse et de suivi des IPO (lien en description).
Noms cités
Entreprises
- IPO Arena : Screener d'introductions en bourse lancé par Rémi, vendu 697 euros.
- BFM : Un animateur dit que la chaîne l'a « pris pour une saison ».
- Blast : Entreprise d'Anthony Bourbon, qui a lancé des challenges.
- OpenAI : A payé des banquiers 150 dollars de l'heure ; communication sur une IA qui aurait cherché à pirater Hugging Face.
- Anthropic : Claude et Claude Mythos cités dans le débat sur les IA qui piratent.
- Hugging Face : Cible présumée d'un piratage par une IA d'OpenAI selon l'annonce commentée.
- Goldman Sachs : Banquiers recrutés par OpenAI pour entraîner ses modèles.
- Morgan Stanley : Banquiers recrutés par OpenAI pour entraîner ses modèles.
- AMI Labs : Laboratoire d'IA lancé par Yann LeCun.
- Eurofins Scientific : Premier employeur de Rémi, victime d'un ransomware.
- Palantir : Aurait perdu des contrats européens (Londres, DGSI).
- DGSI : Aurait utilisé Palantir depuis 2015 avant de changer de solution.
- Assurance maladie : Prend en charge le jeu Poppins.
- Air France : Exemple d'une compagnie qu'un État pourrait subventionner pour attirer des touristes.
- LVMH : Bénéficiaire hypothétique d'une intégration tourisme-luxe.
- Airbus : Raison invoquée de la tolérance envers les compagnies subventionnées.
- Emirates : Compagnie présentée comme subventionnée.
- Singapore Airlines : Compagnie présentée comme subventionnée.
- The Atlantic : Article de 2014 « The Dark Lord of the Internet ».
- Microsoft : Jesse Willms vendait des licences piratées.
- XPRIZE : Fondation créée par Peter Diamandis.
- Virgin Galactic : Citée comme technologie issue de l'XPRIZE.
Personnalités
- Arthur (Jacques Essebag) : Producteur de « Qui veut être mon associé », lance un bootcamp à 1 500 euros ; estimé à 600 millions.
- Anthony Bourbon : Juré de l'émission, a lancé des challenges avec Blast.
- Éric Larchevêque : A lancé un infobusiness.
- Jean-Pierre Nadir : A lancé un club.
- Yomi Denzel : Aurait tenté de passer à la télévision.
- Sabri Suby : Premier infopreneur passé juré de Shark Tank en Australie.
- Haroun : Humoriste qui aurait levé 600 000 euros pour produire un film.
- Peter Diamandis : Auteur de l'article sur la fiction qui guide l'innovation ; concours de 3 millions.
- Titus Gebel : Théoricien des cités privées libres, dont Rémi se dit fan.
- Yann LeCun : Estime que l'IA actuelle ne peut pas comprendre le monde réel.
- Jérôme Kerviel : Son récit sur LEGEND est raconté par un animateur.
- Jesse Willms : « Dark Lord of the Internet », pionnier des arnaques aux essais gratuits.
- Johnny Hallyday : T-shirts « RIP » imprimés quelques heures après sa mort.
- Thomas Piketty : Cité pour qualifier une perspective économique de gauche.
- Donald Trump : Le rejet des technologies américaines est assimilé à un rejet de Trump.
Produits et outils
- Qui veut être mon associé : Émission dont émane le bootcamp d'Arthur.
- Lovable : Exemple de produit IA dont les premières versions faisaient 1 % du travail.
- OpenClaw : Exemple de « darling » poussé gratuitement par le marché.
- Claude : Outil dans lequel les agences « vomissent » leurs prompts selon Isma.
- Claude Mythos : Évoqué comme référence de la communication d'Anthropic sur le cyber.
- Poppins : Jeu pour enfants dyslexiques pris en charge par l'Assurance maladie.
- LEGEND : Émission où Jérôme Kerviel a raconté son histoire.
- Terminator : Seul imaginaire collectif de l'IA selon Rémi.
- Facebook Ads : Rend l'acquisition facile, au détriment de la publicité télévisée.
- Shopify : Avec AliExpress et Oberlo, base de l'e-commerce des années 2015-2016.
- SOC 2 : Certification qui aurait coûté 80 000 euros et six mois à un animateur.
Lieux
- Sud de la France : Lieu du mastermind d'infopreneurs auquel a participé Arnaud.
- Inde : Travailleurs payés environ 2,20 de l'heure pour filmer leurs gestes.
- Bali : Communauté d'e-commerçants néerlandais fréquentée par Isma.
- Dubaï : Départ du jet privé de l'équipe de hackers.
- Caraïbes : Destination de l'équipe de hackers ; sociétés de Jesse Willms.
- Estonie : Pays où vit Rémi, cité pour la rapidité des soins.
- Montpellier : Ville où vit l'un des animateurs, après Paris et la région lyonnaise.
- Londres : Contrat municipal perdu par Palantir.
- Toulouse : Usine d'assemblage d'Airbus.
- Australie : Sabri Suby y est devenu juré de Shark Tank.
