Scaler son SaaS, Yearly vs Monthly, Consulting Adossé au SaaS, Churn & Bootstrapper sans VC
Épisode 21 de Mass Extract, publié le 16 août 2026. En l'absence d'Arnaud et de Rémi, il prend la forme d'un dialogue entre Isma, fondateur d'iClosed, et Marc-Antoine, à la tête de LearnyBox. Les deux animateurs confrontent leurs expériences de SaaS bootstrappés : abonnement annuel ou mensuel, adossement d'une offre de conseil au logiciel, montée en gamme vers les PME et ETI, organisation commerciale et excuse des « prospects non qualifiés ». Isma présente son offre de « secret shopper » et son objectif de 30 à 40 M$ d'ARR en 24 mois sans levée de fonds. Marc-Antoine revient sur sa reprise de LearnyBox sans fonds d'investissement et sur sa récente prise de participation dans Formdev.
Sommaire
- Résumé détaillé
- Chapitres
- Introduction
- Mass Extract un SaaS
- Consulting Adossé au SaaS
- Yearly vs Monthly
- 50 000€ vs une feature à 24$
- T'as un problème de sales
- Ta boîte n'est pas ton SaaS
- Le marché des 7-20K€/an
- Le secret shopper iClosed
- Le prestataire qui a perdu 80K€
- L'excuse des prospects non qualifiés
- Enterprise ou self-service ?
- Delivery ou vente : qui charge le plus ?
- La vente consultative
- Le SaaS pour vendre du conseil
- Cash immédiat ou marge ?
- Seul ou avec un fonds ?
- Acquisitions et partenariats
- À la semaine prochaine !
- Débats
- Citations
- Ce que les animateurs racontent
- Chiffres cités
- Conseils
- Recommandations
- Noms cités
- Description officielle
- Écouter et lire
Résumé détaillé
Arnaud n'étant pas venu et Rémi étant absent, l'épisode se déroule entre Isma et Marc-Antoine, qui prolongent à l'antenne une discussion commencée hors micro sur les difficultés d'une entreprise tech bootstrappée. Isma part d'un constat : un SaaS dont le premier plan coûte moins de 100 €, avec des coûts par clic de 2 à 3 € et un essai gratuit, peine à financer son acquisition. Vendre à l'année, comme il l'a fait au lancement d'iClosed, force l'adoption et apporte du cash, mais l'essai gratuit cannibalise ensuite l'offre annuelle. En s'appuyant sur un article de Sequoia, il défend l'adossement de prestations de conseil au logiciel, qui permet de facturer de 3 000 à 300 000 € selon le client.
Marc-Antoine raconte que LearnyBox, issu du self-service pour indépendants avec une offre freemium, vendait énormément en promotions (Black Friday) quand il l'a reprise, au point de dégrader la valeur perçue. Pour en sortir, l'entreprise monte en gamme vers les PME et ETI, et parfois des grands groupes, avec des contrats annuels payés d'avance qui combinent logiciel, accompagnement, account management et formation. Les tarifs passent de 500 à 3 000 € par an à 8 000 à 15 000 €, au prix de cycles de vente bien plus longs et de nombreux interlocuteurs. Il a identifié un segment mal servi, entre 7 000 et 20 000 € par an, trop petit pour les acteurs corporate comme 360Learning, qui traitent ces prospects de haut.
Isma détaille sa doctrine : valider l'idée en vendant à l'année à cinq ou dix premiers clients (environ 50 000 € encaissés), faire venir le premier million de ce canal, et ne pas céder trop tôt à la demande de paiement mensuel, qui ajoute d'un coup un problème de trésorerie, de technique et de conversion. Ses vidéos YouTube lui amènent des clients prêts à payer 50 000 € pour du conseil, alors qu'il dépense une énergie folle sur des fonctionnalités offertes en essai à 24 $ par mois. Il rappelle que ClickFunnels aurait tiré plus d'un tiers de ses revenus des services jusqu'à plus de 100 M$ de chiffre d'affaires. Selon lui, on n'a pas un problème de distribution mais un problème de vente. Il décrit l'organisation qu'il préconise : une équipe de closers pour l'inbound, un département outbound de SDR rémunérés à la commission sous la direction d'un VP of Sales, et une offre 15 à 50 fois plus chère que le plan le plus cher.
Pour Isma, au-delà de 3 à 5 M$ d'ARR, « ta boîte n'est pas ton SaaS » : les demandes de fonctionnalités relèvent du customer success et non du CEO, et son objectif de passer à 30-40 M$ d'ARR en 24 mois ne viendra pas d'une nouvelle vue calendrier. Il situe iClosed entre Calendly et Chili Piper, son concurrent valorisé jusqu'à environ 650 M$ pour seulement une trentaine de millions d'ARR. Il présente son offre de « secret shopper », inspirée des inspecteurs du guide Michelin : son équipe se fait passer pour un prospect dans le tunnel de vente du client, puis lui remet un rapport de 35 pages et un plan d'action sur trois mois. Marc-Antoine raconte comment un prestataire d'infrastructure a perdu un contrat de 80 000 € par an en le traitant comme un prospect non qualifié, alors qu'il venait de chez leur concurrent direct avec son chéquier prêt.
Les deux animateurs débattent ensuite de la tension entre offre enterprise et self-service (fonctionnalités sur mesure contre simplicité), de la vente consultative et de l'idée d'un SaaS servant de levier d'autorité pour vendre du conseil. Isma suggère à Marc-Antoine de vendre non pas de « l'accompagnement » mais un lancement de webinaire promettant un million en 180 jours, à la manière de Russell Brunson. Marc-Antoine annonce que LearnyBox prépare une boutique intégrée aux académies en ligne. Sur l'affiliation, il juge qu'elle a coûté à LearnyBox infiniment plus cher à long terme que d'autres canaux, et décrit le parcours type de ses clients : freemium, quelques mois en mensuel, puis passage à l'annuel ou départ.
La dernière partie porte sur la gouvernance. Marc-Antoine, qui a repris son entreprise seul alors qu'il a travaillé dans des fonds, estime que le seul avantage d'un fonds est de forcer des décisions difficiles plus vite, et juge les associations à 50/50 dangereuses. Isma insiste sur la complémentarité des cofondateurs (vente ou marketing, et tech). Ils évoquent la dissociation entre fondateur et CEO, puis les acquisitions et partenariats : Isma prépare un accord avec une société de recrutement de closers, setters et sales managers, en écho à son activité de staffing de closers sur le marché français à ses débuts. Marc-Antoine raconte avoir investi il y a quelques semaines dans Formdev, un logiciel de gestion pour organismes de formation connecté à LearnyBox, dont il devient actionnaire et membre du board.
Chapitres
0:00Introduction
Après un montage d'extraits, Isma et Marc-Antoine lancent l'épisode sans Arnaud, dont on ne sait pas s'il « va finir par se pointer ». Ils évoquent l'éclipse visible en France deux jours plus tôt vers 20 h-20 h 30, après les feux de forêt de l'été ; l'un des deux, qui se trouve à Bali, ne l'a pas vue.
- Arnaud est absent au début de l'enregistrement et ne viendra pas.
- L'un des deux animateurs présents se trouve à Bali.
- Éclipse observée en France vers 20 h-20 h 30, quelques jours avant l'enregistrement.
Interviennent : Isma, Marc-Antoine
2:55Mass Extract un SaaS
Isma pose le problème d'un SaaS B2B ou B2C dont le premier plan coûte moins de 100 € : avec des coûts par clic de 2 à 3 €, des conversions essai gratuit vers payant et un panier moyen faible, la distribution est difficile à financer. La lifetime value, selon lui, intéresse surtout les VC ; un entrepreneur bootstrappé doit arbitrer entre des options toutes imparfaites.
Il rappelle avoir vendu iClosed à l'année au départ, ce qui force l'adoption et fait encaisser plusieurs milliers d'euros d'un coup, mais laisse de l'argent sur la table si les clients ne sont pas bien onboardés. À l'inverse, ouvrir un essai gratuit cannibalise l'offre annuelle : pourquoi payer douze mois d'avance pour 20 % de remise quand on peut tester puis payer au mois ?
- Premier plan à moins de 100 € et coût par clic de 2 à 3 € : l'acquisition est difficile à rentabiliser.
- La lifetime value est présentée comme un indicateur de VC plutôt que de bootstrappé.
- Vendre à l'année force l'adoption et apporte du cash immédiat.
- L'essai gratuit cannibalise l'offre annuelle à 20 % de remise.
Interviennent : Isma
5:37Consulting Adossé au SaaS
Isma note que pour des clients qui font moins d'un million de profit par mois, le cash d'aujourd'hui vaut plus que celui de demain, car ils ne sont pas sûrs d'exister dans trois ans. Un article de Sequoia sur le mélange du logiciel et des services lui inspire une autre approche : combiner produit et conseil pour facturer de 3 000 à 300 000 € selon le client et le secteur.
Marc-Antoine explique que LearnyBox vient du self-service, des indépendants et des solopreneurs, avec un freemium donnant accès à presque toutes les fonctionnalités, puis des paliers payants mensuels ou annuels. Quand il a repris l'entreprise, elle vendait beaucoup en promotions (Black Friday), ce qui détruisait la valeur perçue : des clients lui disaient n'avoir jamais payé le produit 100 € par mois, mais toujours 50 € via le Black Friday. Pour en sortir, LearnyBox garde son offre pour indépendants mais monte en gamme vers les PME et ETI, et quelques grands groupes, qui ont besoin de solutions sur mesure. L'entreprise vend désormais un accompagnement du projet de digitalisation, en contrat annuel payé au début de la mission, et a recruté ou formé des collaborateurs dédiés aux clients entreprise.
La difficulté est la vitesse : le cycle de vente est beaucoup plus long et plusieurs personnes doivent être convaincues (responsable pédagogique, achats, conformité et sécurité, DSI, direction du développement, puisque la formation est un business pour ses clients). Il cite une franchise internationale signée il y a quelques semaines, d'abord sur la partie française puis sur l'Espagne et le Portugal. Là où LearnyBox facturait 500 à 3 000 € par an, ces contrats atteignent 8 000 à 15 000 €, payés d'avance.
- Thèse inspirée de Sequoia : adosser du conseil au logiciel pour facturer de 3 000 à 300 000 €.
- LearnyBox : origine self-service et freemium pour indépendants.
- À la reprise, les promotions répétées dégradaient la valeur perçue du produit.
- Montée en gamme vers les PME, ETI et quelques grands groupes, avec accompagnement à la digitalisation.
- Contrats annuels payés d'avance ; le paiement mensuel, exceptionnel, coûte plus cher.
- Tarifs passés de 500 à 3 000 €/an à 8 000 à 15 000 €/an.
- Une franchise internationale signée il y a quelques semaines.
Interviennent : Isma, Marc-Antoine
11:25Yearly vs Monthly
Isma explique qu'iClosed a démarré uniquement en annuel : sans self-service, la seule façon d'avoir le produit était de payer à l'année. C'est selon lui la « phase zéro » d'une entreprise tech enterprise et ce qu'il conseille : arriver avec une bonne landing page, pitcher, signer cinq à dix premiers clients et avoir déjà encaissé environ 50 000 € comme preuve de concept. Si l'idée n'est pas assez attractive pour faire payer 3 000 à 5 000 €, elle ne fonctionnera pas. Il estime que le premier million doit venir de ce canal, qui clarifie le produit, la cible et la façon de la servir.
Vient ensuite la pression des prospects qui veulent payer au mois. Il conseille de ne pas les écouter trop tôt, car on crée trois problèmes d'un coup : on perd l'encaissement initial, on garde les problèmes techniques et on hérite d'un problème de conversion, puisqu'il faut passer au product-led growth et expliquer sur le site tout ce qui se disait en appel (carte bancaire ou non, essai de 7, 14 ou 30 jours). Avec un essai de 30 jours, il faut deux à trois mois pour trois tests A/B, et au moins 12 à 18 mois pour mesurer la lifetime value. Selon lui, cent clients signés à l'année justifient d'en viser mille, et à mille on peut commencer à scaler.
Il décrit l'engrenage : l'onboarding en self-service doit être très efficace avec peu d'humain, on détourne des ressources qui servaient les clients payants, le cash collecté les premiers jours tombe à zéro, et les seules options d'acquisition restantes sont gratuites (le contenu). Beaucoup se tournent alors vers les conseils de Y Combinator (« écoutez vos clients ») et lancent de nouvelles fonctionnalités qui prennent 6 à 18 mois.
- iClosed n'était accessible au départ qu'en abonnement annuel.
- Valider l'idée en encaissant environ 50 000 € auprès de cinq à dix premiers clients.
- Le premier million devrait venir de la vente en direct à l'année.
- Passer trop tôt au mensuel crée à la fois un problème de cash, de technique et de conversion.
- Un essai de 30 jours demande deux à trois mois pour trois tests A/B ; la LTV se mesure en 12 à 18 mois.
- Cent clients annuels justifient de viser mille, seuil à partir duquel on peut scaler.
Interviennent : Isma
17:4950 000€ vs une feature à 24$
Isma défend la combinaison services + produit. Quand il publie des vidéos sur YouTube, des entrepreneurs lui paient 50 000 € pour qu'il les aide deux ou trois fois par mois pendant trois à cinq mois, alors qu'il dépense une énergie considérable sur des fonctionnalités offertes en essai gratuit dans un plan à 24 $ par mois. Il cite ClickFunnels, qui proposait un essai gratuit, puis du coaching, puis la création de funnels facturée jusqu'à un million de dollars : un graphique montrerait que jusqu'à plus de 100 M$ de chiffre d'affaires, plus d'un tiers de ses revenus venait des services.
Marc-Antoine n'est pas surpris et souligne l'impact d'une seule vente à 3 000 € quand on vend d'habitude des abonnements à 20 ou 50 € : elle équivaut à cent clients ou plus, et on peut ensuite vendre 10 000, 50 000 ou 500 000 € selon le secteur. Isma précise que ses propres clients (santé, investissement, private equity, immobilier) dépensent 100 000 à 200 000 € par jour en publicité, et que les statistiques anonymisées accumulées par iClosed valent de l'or. Il veut les packager en conseil, accompagnement, voire mise à disposition de commerciaux, car les clients ne viennent pas pour un calendrier mais pour vendre plus. Un ami propriétaire d'une centaine de maisons lui confie d'ailleurs que son plus gros problème est la vente.
- Isma : des clients lui paient 50 000 € pour quelques mois de conseil, contre 24 $/mois pour le logiciel.
- ClickFunnels : plus d'un tiers des revenus issus des services jusqu'à plus de 100 M$ de CA, selon un graphique cité.
- Une vente à 3 000 € équivaut à une centaine d'abonnements.
- Les clients d'iClosed dépenseraient 100 000 à 200 000 € par jour en publicité.
- Les clients ne veulent pas un calendrier, ils veulent plus de ventes.
Interviennent : Isma, Marc-Antoine
21:00T'as un problème de sales
Isma martèle : « tu as pas un problème de distribution, tu as un problème de sales ». La distribution est simple (Meta, Google Ads, LinkedIn, panneaux publicitaires) ; ce qui fait la différence, c'est un tunnel de vente qui transforme un inconnu en quelqu'un qui « know you, like you, trust you », et une équipe commerciale bien réglée capable de générer dix fois plus que la concurrence avec les mêmes leads. Avec un bon processus de vente, même le plus mauvais marketeur saura générer de la demande.
En parallèle de l'inbound alimenté par la publicité, il conseille d'ouvrir un département outbound : des SDR touchant 30 à 40 % de commission, qui prospectent à froid, signent peut-être un deal par trimestre mais gagnent 10 000 € par mois, jusqu'à une centaine de commerciaux pilotés par un VP of Sales. Le playbook est connu (Apollo, Clearbit, power dialer, HubSpot), et l'on sera content dans un an de l'avoir lancé aujourd'hui. L'équipe de closers, dirigée par un head of sales, reçoit tout l'inbound (publicité, organique, SDR). Il faut une offre irrésistible, environ 15 à 50 fois le prix du plan le plus cher, et d'autres offres pouvant monter à 100 000-200 000 €. Il distingue le sales manager, qui fait closer le flux entrant, du VP of Sales, qui construit l'organisation, et cite Steve Ballmer, ancien commercial de Microsoft.
- « Tu as pas un problème de distribution, tu as un problème de sales. »
- Un tunnel de vente et une équipe bien réglée permettent de générer dix fois plus avec les mêmes leads.
- Outbound : SDR à 30-40 % de commission, environ un deal par trimestre et 10 000 €/mois par commercial.
- Stack outbound citée : Apollo, Clearbit, power dialer, HubSpot.
- Offre principale à environ 15 à 50 fois le plan le plus cher.
- Le sales manager et le VP of Sales sont deux métiers distincts.
Interviennent : Isma
26:07Ta boîte n'est pas ton SaaS
Isma relève qu'ils ont parlé croissance sans parler de fonctionnalités, et souligne l'enfer, pour un fondateur non technique, de lier la croissance aux nouvelles fonctionnalités. Au-delà de 3 à 5 M$ d'ARR, il faut en sortir, car « ta boîte n'est pas ton SaaS » : le produit n'est qu'une verticale, et un acquéreur n'achète pas que le code. Marc-Antoine fait le parallèle avec l'infobusiness, où l'on conseille d'écouter ses clients, de créer une offre irrésistible et d'empiler les bonus. Dans la tech, c'est l'inverse : un client demande blanc, l'autre noir ; certains veulent de l'innovation puis se plaignent qu'on change leurs habitudes. Développer une demande prend 3 à 18 mois, n'apporte aucun cash et ajoute de la complexité (refactoring, migrations).
Pour Isma, sortir dans les temps la fonctionnalité demandée par un client est quasi impossible, et ce n'est pas le rôle du CEO : le support et le customer success remontent les besoins à l'équipe produit. Il cite l'intégration GoHighLevel en cours de livraison chez iClosed, qu'il ne suit même plus tant son équipe est solide. Une vue calendrier n'augmentera pas la valeur pour les actionnaires, alors que son objectif est de passer à 30-40 M$ d'ARR dans les 24 prochains mois, sans levée de fonds, ce qui est impossible avec le modèle actuel. D'où l'intérêt du flux entrant de clients prêts à virer 50 000 € pour du conseil après ses vidéos.
Marc-Antoine précise que ses clients veulent eux aussi développer leur activité, et que la proposition de LearnyBox est « la formation comme levier de business ». Il reconnaît que ce vocabulaire a une connotation d'infopreneur et qu'il faut deux langages différents pour parler aux indépendants et aux entreprises. Isma note que les acteurs enterprise ne font jamais de VSL : des pages statiques, un formulaire, puis des commerciaux qui rappellent en cinq minutes et relancent quatre fois en quatorze jours.
- Au-delà de 3 à 5 M$ d'ARR, la croissance ne doit plus dépendre des fonctionnalités.
- Dans la tech, les demandes des clients sont souvent contradictoires.
- Les demandes de fonctionnalités relèvent du customer success, pas du CEO.
- iClosed livre une intégration GoHighLevel.
- Objectif d'Isma : 30 à 40 M$ d'ARR en 24 mois, sans levée de fonds.
- LearnyBox se présente comme « la formation comme levier de business ».
- Les acteurs enterprise ne font pas de VSL mais des formulaires suivis d'appels rapides.
Interviennent : Isma, Marc-Antoine
31:27Le marché des 7-20K€/an
Marc-Antoine décrit un segment de marché que LearnyBox cherche à adresser : entre les solutions self-service pour indépendants et les acteurs de l'e-learning corporate (360Learning et d'autres) qui ne parlent qu'aux clients prêts à dépenser 20 000 € par an, il existe des entreprises qui dépensent 7-8 000 à 15-20 000 €. Elles vont voir les grands acteurs, se sentent prises de haut (« quel est votre budget ? »), puis reviennent vers LearnyBox en disant qu'elles ne travailleront jamais avec eux, non parce que leur produit est mauvais mais parce qu'elles se sont senties disqualifiées. Il dit l'avoir entendu une dizaine de fois ces derniers jours.
Isma confirme avec son concurrent Chili Piper, valorisé autour de 625-650 M$ en 2021, au plus haut, pour seulement une trentaine de millions d'ARR et 3 000 à 4 000 clients, quand iClosed en a davantage. Chili Piper fait du scheduling pour le corporate, facturé 800 à 2 000 € par siège, et sa valorisation a baissé depuis. Aucun infopreneur ne l'utilise. Il s'agace qu'on lui dise qu'iClosed est trop cher à 120 € par mois, à cause de l'ancrage créé par Calendly à 20 € : si Calendly faisait le job, Chili Piper ne facturerait pas 1 000 € par mois. iClosed se place entre les deux, là où personne ne sert le marché.
- Segment mal servi : entreprises dépensant 7 000 à 20 000 € par an.
- Les acteurs corporate comme 360Learning disqualifient ces prospects jugés trop petits.
- LearnyBox récupère des prospects froissés par ces acteurs, une dizaine de fois ces derniers jours.
- Chili Piper : environ 625-650 M$ de valorisation en 2021 pour une trentaine de millions d'ARR.
- iClosed revendique plus de clients que Chili Piper.
- Positionnement d'iClosed entre Calendly (20 €/mois) et Chili Piper (environ 1 000 €/mois).
Interviennent : Marc-Antoine, Isma
37:50Le secret shopper iClosed
Isma retrace l'évolution d'iClosed : des appels de vente pour lancer le produit, puis le passage au self-service, dont il a montré la courbe à Marc-Antoine. Pour accélérer, la personne qui prend l'appel avec un prospect devrait incarner ce que ce prospect n'a pas, au point de pouvoir vendre iClosed sans montrer le produit : le client veut plus de ventes, pas plus de leads, et plus de leads ne servent à rien avec un système de vente défaillant. iClosed peut donc aider sur la génération de leads, le flux, le management commercial, les scripts de vente et de VSL, et l'audit de funnel.
Il présente son offre de « secret shopper », inspirée des inspecteurs du guide Michelin qui dînent incognito puis envoient un rapport et une note. Le constat : un dirigeant reçoit des signaux contradictoires de ses managers (les leads ne sont pas qualifiés, les closers ne closent pas, c'est le mois d'août, le taux de présence…) et son point de vue diffère totalement de celui d'un prospect arrivant avec des cookies vierges. L'équipe d'iClosed clique sur la publicité du client, parcourt le funnel, regarde la VSL, laisse son numéro, vérifie si un setter rappelle, enregistre l'appel, oppose des objections au closer, n'achète pas tout de suite et observe les relances. Elle livre ensuite un rapport de 35 pages avec les benchmarks du marché, croisé avec les statistiques du client dans iClosed, et un plan d'action sur trois mois avec aide à l'implémentation.
- iClosed a démarré par des appels de vente avant de passer au self-service.
- Le commercial doit incarner le résultat recherché par le prospect, en vente consultative.
- Offre « secret shopper » inspirée des inspecteurs du guide Michelin.
- Parcours complet du prospect testé : publicité, VSL, setter, closer, objections, relances.
- Livrables : rapport de 35 pages avec benchmarks et plan d'action sur trois mois.
Interviennent : Isma
42:35Le prestataire qui a perdu 80K€
Isma souligne qu'en high ticket, disqualifier le mauvais prospect, celui qui aurait apporté 50 000 ou 100 000 €, coûte très cher. Marc-Antoine en donne un exemple personnel : mécontent d'un fournisseur d'infrastructure et d'hébergement qui lui coûtait environ 80 000 € par an, il a contacté trois ou quatre alternatives, dont l'un des principaux acteurs du secteur dont il avait entendu du bien. Il les a trouvés hautains, en est ressorti agacé et a expliqué à son head of sales, Benoît, exactement ce qu'il ne fallait pas faire.
Il avait pourtant son carnet de chèques prêt et comptait ne même pas négocier. Le prestataire n'a jamais relancé. Il rappelle que 80 000 € d'ARR pèsent lourd en valorisation (en référence à une discussion de la semaine précédente sur un multiple de 75 à la Airtable, et même à 2 ou 5 fois le revenu récurrent), d'autant qu'on ne change ce type de prestataire qu'une fois tous les dix ans. Isma enchaîne : on ne peut pas faire aveuglément confiance aux commerciaux, le sales manager finit par baisser la garde à force d'entendre des objections, et un marketeur médiocre qui écoute ces retours change son marketing. Douze mois plus tard, on réécrit la même headline : un chirurgien ne peut pas s'opérer lui-même.
- Contrat d'infrastructure d'environ 80 000 €/an perdu par un prestataire qui a mal traité Marc-Antoine.
- Marc-Antoine était prêt à signer sans négocier ; le prestataire n'a jamais relancé.
- Un prestataire d'infrastructure ne se change qu'environ une fois tous les dix ans.
- Les retours des commerciaux peuvent dérégler le marketing dans un cercle vicieux.
- « Un chirurgien ne peut pas s'opérer » : l'intérêt d'un regard extérieur.
Interviennent : Marc-Antoine, Isma
47:20L'excuse des prospects non qualifiés
Marc-Antoine précise que dans le formulaire de contact, il avait écrit être chez leur concurrent direct, insatisfait et décidé à changer : impossible de faire « plus belle passe décisive ». Isma en conclut que l'excuse des « prospects non qualifiés » est presque toujours fausse et se propage comme un virus dans les équipes. Il conseille d'isoler les business units (par exemple la nouvelle équipe de SDR en prospection à froid, qui sait qu'elle reçoit des refus toute la journée) et de mettre en place un tracking correct.
Un regard extérieur permet de dire, par exemple, que payer 450 € par appel avec 50 % de taux de présence n'est pas normal. Il cite ChartMogul, qui anonymise les données de 3 000 à 4 000 comptes pour situer un SaaS par rapport à la médiane des entreprises lancées à la même période. Sans benchmark, le dirigeant se met sur la défensive et chacun accuse l'autre, ce qui peut tuer une entreprise. Il redéfinit iClosed comme « une boîte de CRO » : il ne s'est pas réveillé en voulant créer un calendrier, il en avait assez d'envoyer ses leads au mauvais closer. Quatre ans plus tard, c'est objectivement un outil de conversion, et il se demande pourquoi ne pas y adosser une offre de conseil.
- L'excuse des « prospects non qualifiés » est jugée presque toujours fausse.
- Isoler les business units et tracker correctement.
- Benchmark cité : 450 € par appel avec 50 % de taux de présence, ce n'est pas normal.
- ChartMogul : benchmarks anonymisés sur 3 000 à 4 000 comptes.
- iClosed se définit comme une entreprise de CRO, née il y a environ quatre ans.
Interviennent : Marc-Antoine, Isma
50:55Enterprise ou self-service ?
Marc-Antoine pose une question à Isma : l'offre de conseil génère du cash à court terme, mais servir à la fois du self-service en product-led growth et des PME ou ETI crée une tension produit. Les clients entreprise rapportent beaucoup, demandent des fonctionnalités souvent pertinentes, mais faut-il les intégrer pour tous au risque de complexifier le produit pour les indépendants ? Il prend l'exemple de Microsoft, très puissant et personnalisable mais catastrophique en expérience utilisateur : il l'utilise et le déteste.
Isma dit ne pas avoir la réponse et découvrir le sujet. iClosed développe déjà des solutions sur mesure, comme une intégration avec une IA qui appelle les leads et réserve les rendez-vous, demandée par l'un de ses plus gros clients, qui a payé d'avance ; elle passera en production dans trois ou quatre mois si les résultats sont intéressants. iClosed fonctionne ainsi comme un laboratoire expérimental, et les clients annuels ont la priorité sur les demandes de fonctionnalités, qui finissent par être proposées à tous. Avec une API et un MCP solides, on peut presque tout construire ; la valeur réside surtout dans le playbook et le bon sens. Il cite Alex Hormozi : on peut facturer plus cher en faisant mieux, plus vite, ou plus. Le conseil constitue une business unit distincte qui n'ajoute aucun ticket à la roadmap produit.
- Tension entre les fonctionnalités sur mesure pour l'entreprise et la simplicité du self-service.
- Marc-Antoine utilise Microsoft et le déteste, malgré sa puissance.
- iClosed prépare une intégration d'IA qui appelle les leads, payée d'avance par un gros client.
- Les clients annuels sont prioritaires sur les demandes de fonctionnalités.
- Une API et un MCP solides permettent de construire presque tout.
- Le conseil est une business unit séparée de la roadmap produit.
Interviennent : Marc-Antoine, Isma
56:52Delivery ou vente : qui charge le plus ?
Isma explique que sa position est plus favorable que celle de Marc-Antoine : iClosed est proche de la vente, alors que LearnyBox se situe sur l'éducation et la delivery, dont le budget représente une part plus faible du chiffre d'affaires. Pour facturer 15 000 à 20 000 €, Marc-Antoine doit cibler des entreprises réalisant 10 à 20 M€ par an, alors que pour facturer 50 000 €, Isma n'a besoin que d'entreprises réalisant 500 000 € par mois, qui sont des dizaines voire des centaines de milliers dans le monde. Il lui suggère un webinaire interactif mêlant éducation et conversion : plus on est proche de l'argent, plus on peut facturer.
Marc-Antoine rétorque que LearnyBox est déjà proche de l'argent, puisque ses clients, même corporate, vendent et encaissent grâce à la formation. Isma montre les outils de démo interactive Storylane et Arcade, dont certains facturent plus cher parce qu'ils ciblent le go-to-market et le marketing. Marc-Antoine reconnaît que le webinaire est l'outil de conversion ultime et annonce que LearnyBox prépare une boutique intégrée à l'académie en ligne de ses clients, « une sorte de Shopify », pour multiplier les upsells. Isma conseille de compter les entreprises du secteur qui font plus de 5 M€ par an, de bâtir une liste dans Apollo enrichie avec Clay, d'y mettre des SDR, de doubler les prix et de verser 50 % de commission sur de l'enterprise avec une logique de conseil.
- Plus un outil est proche de la vente, plus il peut facturer cher.
- Isma : pour facturer 50 000 €, une entreprise à 500 000 € par mois suffit.
- Pour facturer 15 000 à 20 000 €, LearnyBox doit cibler des entreprises à 10-20 M€ par an.
- LearnyBox prépare une boutique intégrée aux académies en ligne.
- Outils de démo cités : Storylane, Arcade.
- Playbook proposé : liste Apollo enrichie avec Clay, SDR, prix doublés, 50 % de commission.
Interviennent : Isma, Marc-Antoine
1:03:32La vente consultative
Marc-Antoine se dit gêné par la dimension d'évangélisation qu'impliquerait la conquête du marché enterprise. Isma décrit la vente consultative comme une extension du conseil : poser les questions (combien de leads, de rendez-vous, quel taux de présence, quel coût par appel, quel taux de closing, quel outil de suivi) et révéler au prospect qu'il ne sait pas tracker. On ne peut pas conseiller la fonctionnalité idéale sans identifier le problème ; il faut connaître les statistiques et les benchmarks, et savoir dire « on voit fonctionner A, B, C ; dans ton cas je te recommande C ».
Marc-Antoine explique que beaucoup d'entreprises corporate n'ont jamais fait de webinaires de vente : c'est un marché d'équipement où l'on suscite un vrai effet « waouh », mais ces entreprises ont leur cœur de métier et pas de spécialiste en interne. Elles ont besoin d'une solution clés en main plutôt que d'un produit, ce qui ramène au conseil, et LearnyBox va dans cette direction. Isma juge le terme « accompagnement » fatigué et propose de vendre un lancement : « on lance ton premier webinar funnel et on vise un million dans les 180 prochains jours », exactement ce que faisait Russell Brunson. On gagne alors sur le conseil, sur le logiciel facturé au mois pour augmenter l'ARPU, et éventuellement sur le traitement des paiements, en rémunérant des partenaires de confiance de la cible (Intercom, Datadog, AWS) à la commission.
- La vente consultative commence par un diagnostic chiffré du prospect.
- Il faut maîtriser statistiques et benchmarks pour recommander une solution.
- Le corporate découvre les webinaires de vente : c'est un marché d'équipement.
- LearnyBox s'oriente vers le conseil et l'accompagnement personnalisé.
- Isma : vendre « un million en 180 jours » plutôt que de « l'accompagnement ».
- Partenaires de confiance de la cible rémunérés à la commission (Intercom, Datadog, AWS).
Interviennent : Marc-Antoine, Isma
1:09:07Le SaaS pour vendre du conseil
Isma rappelle qu'une grande partie de l'audience fait du conseil, et qu'Arnaud estimait que beaucoup se lancent trop tôt dans le SaaS. Pour lui, un SaaS sert finalement à vendre du conseil : le conseil seul est un marché saturé, mais quand un logiciel gère un ou plusieurs millions de rendez-vous réservés par mois, l'autorité devient indéniable et le conseil vaut dix fois plus. Le track record compte de plus en plus. Il y a deux ou trois ans, on pensait que le SaaS allait disparaître ; il a encore de beaux jours devant lui à condition de s'adapter à la nouvelle réalité de la distribution, le coût d'acquisition ayant doublé ou triplé en trois ou quatre ans.
Les deux animateurs précisent qu'ils parlent de SaaS bootstrappé. L'un d'eux observe que lever des fonds est devenu plus compliqué quand on n'est ni un LLM ni une entreprise « AI-native », et que le bootstrap rend plus résilient tout en obligeant à construire un playbook qui génère du cash immédiat. L'un d'eux relativise son propre bootstrap, l'autre lui faisant remarquer qu'il était son propre investisseur. Ils évoquent l'histoire de LearnyBox, née il y a quinze ans, à une époque où les coûts par clic tournaient autour de 45 centimes, et dont la croissance s'est faite par la communauté et l'affiliation.
- Un SaaS confère une autorité qui permet de vendre du conseil dix fois plus cher.
- Arnaud estimerait que beaucoup se lancent trop tôt dans le SaaS.
- Le coût d'acquisition aurait doublé ou triplé en trois ou quatre ans.
- Lever des fonds est plus difficile pour qui n'est pas « AI-native ».
- LearnyBox a environ quinze ans et s'est développé par la communauté et l'affiliation.
Interviennent : Isma, Marc-Antoine
1:13:19Cash immédiat ou marge ?
Marc-Antoine estime que l'affiliation a permis à LearnyBox de se développer, mais lui a coûté « infiniment plus cher » à moyen et long terme que d'autres canaux, car beaucoup de clients restent très longtemps : il en a depuis dix ans, et continuer à reverser 30 % (d'autres acteurs de l'écosystème donnent 40 à 50 %) pèse lourd. C'est le même arbitrage qu'entre mensuel et annuel : cash immédiat qui permet de survivre contre marge à long terme, l'annuel faisant perdre 20 à 25 % d'ARPU. Isma répond que tout dépend de la LTV : vaut-il mieux un client annuel avec 20 % de remise ou un client mensuel qui paie 30 à 40 % plus cher mais part au bout de cinq mois ? Marc-Antoine ajoute qu'un client engagé reste davantage, et décrit le parcours type chez LearnyBox : freemium ou essai, trois à six mois en mensuel, puis départ ou passage à l'annuel pour les clients structurés.
Isma explique qu'en tant qu'acheteur, il n'a jamais pris d'abonnement annuel, sauf récemment parce qu'il pense à l'avenir. En concevant sa « grand slam offer », il a compris que les gens ne veulent pas s'engager : 20 % de remise ne suffisent pas. En revanche, une promesse garantie (plus de ventes, moins de coûts, un objectif atteint deux fois plus vite) justifie de payer deux à trois fois plus, tout en gardant un abonnement mensuel au prix plein, et un client qui a payé un conseil de 5 000 à 30 000 € churne très rarement. Marc-Antoine cite la grille de Waalaxy (mensuel, trimestriel, annuel à environ -50 %) ; Isma trouve que cela détruit trop de cash, même si l'option trimestrielle l'intéresse. Il souligne la difficulté de mesurer une LTV, qui demande au moins douze mois et se réinitialise à chaque changement. Les outils de product-led growth venant de la Silicon Valley ont été conçus pour des entreprises financées : un bootstrappé doit trouver ses propres paramètres et garder sa conviction.
- L'affiliation (30 % de commission) a coûté beaucoup plus cher à LearnyBox à long terme.
- L'abonnement annuel fait perdre 20 à 25 % d'ARPU mais renforce l'engagement.
- Parcours type chez LearnyBox : freemium, trois à six mois en mensuel, puis annuel ou départ.
- Isma : une remise de 20 % ne suffit pas à justifier un engagement annuel.
- Une promesse de résultat garantie justifie de payer deux à trois fois plus.
- Waalaxy : grille mensuelle, trimestrielle et annuelle à environ -50 %.
- Mesurer une LTV demande au moins douze mois.
Interviennent : Marc-Antoine, Isma
1:20:04Seul ou avec un fonds ?
Isma demande à Marc-Antoine s'il a un associé. Marc-Antoine raconte avoir rencontré un repreneur qui rachetait, avec un fonds, une entreprise industrielle d'une quinzaine de millions, « un peu comme ce que moi j'ai fait sauf que lui il le fait avec un fonds. Moi, je l'ai fait tout seul ». Ayant lui-même travaillé dans des fonds, il l'a mis en garde : avec un fonds, on reste un manager, qu'on peut sortir facilement, sans perdre ni gagner grand-chose. Le seul avantage qu'il y voit est de prendre plus vite les décisions difficiles, notamment humaines, que l'on retourne longtemps quand on est seul. Pour le reste, être seul permet de pivoter et de se tromper sans rien devoir à personne. Il juge les associations à 50/50 très particulières, voire dangereuses, et estime qu'un associé doit pouvoir trancher.
Isma estime que tout dépend du respect des compétences de l'associé : l'erreur classique est de s'associer avec quelqu'un qui a les mêmes compétences (« opérationnel » et « marketing », c'est la même chose), alors qu'il faut un profil vente ou marketing et un profil tech, chacun ne s'occupant pas du domaine de l'autre. Ils distinguent les business angels des actionnaires exigeant un reporting. Canva est cité comme exemple d'entreprise en retard sur son plan vis-à-vis de ses investisseurs. Un animateur trouve normal de rendre des comptes après avoir levé de telles sommes, en comparant avec les rapports quotidiens qu'il exige de ses commerciaux. Marc-Antoine dit être content de ne pas avoir ces contraintes, même si elles imposeraient plus de rigueur, et rejette l'idée qu'un entrepreneur ne rend de comptes à personne : ses clients sont aussi ses patrons. La discussion se termine sur la distinction entre fondateur et CEO, et sur l'envie de déléguer le quotidien (validation des paiements, préavis, conformité) pour prendre du recul.
- Marc-Antoine a repris son entreprise seul, sans fonds, après avoir travaillé dans des fonds.
- Avec un fonds, le repreneur reste un manager révocable.
- Seul avantage d'un fonds selon Marc-Antoine : forcer des décisions difficiles plus vite.
- Les associations à 50/50 sont jugées dangereuses.
- Isma : il faut des cofondateurs aux compétences complémentaires (vente ou marketing, et tech).
- Un entrepreneur rend toujours des comptes, au moins à ses clients.
- Fondateur et CEO sont deux rôles différents.
Interviennent : Marc-Antoine, Isma
1:28:07Acquisitions et partenariats
Pour Marc-Antoine, à partir d'une certaine surface financière, le jeu ne se joue plus dans la croissance de l'outil mais dans la création d'un écosystème, par des acquisitions et des partenariats stratégiques ; il note que Rémi, absent, en parlerait aussi bien. Une entreprise ne peut pas répondre seule à tous les besoins de ses clients autrement qu'en ajoutant des fonctionnalités, et peut investir, racheter ou nouer des joint-ventures avec des spécialistes. Isma confirme : une amie dirige une entreprise de staffing de closers aux États-Unis, « exactement ce que j'avais moi sur le marché français », et il rappelle qu'il a commencé avec une offre consistant à fournir iClosed, le paramétrer et fournir des closers. Il prépare un accord avec une société de recrutement de closers, de setters et de sales managers, plutôt que de créer lui-même une formation, en citant Cole Gordon, qui vendrait des closers 15 000 $ pièce.
Marc-Antoine raconte avoir investi il y a quelques semaines dans Formdev. Une partie des clients de LearnyBox sont des organismes de formation certifiés (Qualiopi, CPF) qui lui demandaient de gérer aussi leur administratif. Plutôt que de développer ce qui n'est « pas son métier », LearnyBox a pris une participation dans Formdev, après un an de discussions et de négociations, et connecte les deux outils, qui restent indépendants. Chacun compte des centaines d'organismes de formation clients, LearnyBox apporte le e-learning, les webinaires et les tunnels de vente, et Marc-Antoine devient actionnaire et membre du board, avec un accès à des informations de marché. Isma souligne que ce levier permet d'obtenir une décote ; Marc-Antoine confirme que sans sa base clients et les synergies apportées, l'opération n'aurait pas été possible avec une entreprise en croissance qui n'avait pas besoin de lever des fonds, et suggère qu'Isma jouera peut-être un jour ce jeu avec iClosed.
- À partir d'une certaine taille, l'enjeu est de créer un écosystème par acquisitions et partenariats.
- Isma a démarré avec une offre iClosed + paramétrage + closers, et avait une activité de staffing de closers en France.
- Accord en préparation entre iClosed et une société de recrutement de closers, setters et sales managers.
- Marc-Antoine a investi dans Formdev, un logiciel de gestion pour organismes de formation.
- Un an de négociation ; les deux outils restent indépendants et connectés.
- Marc-Antoine devient actionnaire et membre du board de Formdev.
- Apporter une base clients et des synergies permet d'obtenir une décote à l'entrée.
Interviennent : Marc-Antoine, Isma
1:36:17À la semaine prochaine !
Après 1 h 35, les deux animateurs constatent qu'Arnaud n'est toujours pas arrivé. Ils notent que l'épisode, consacré au produit et aux problématiques concrètes d'entreprises « dans le dur », répondait à une demande de l'audience et ressemble aux conversations qu'ils ont hors antenne.
- Arnaud n'a pas pu rejoindre l'enregistrement.
- Épisode conçu pour détailler les problématiques concrètes des entreprises, à la demande de l'audience.
Interviennent : Isma, Marc-Antoine
Débats
Vendre son SaaS à l'année ou au mois ?
- IsmaCommencer en annuel uniquement pour valider et encaisser ; ensuite, une remise de 20 % ne suffit pas à engager un client, et mieux vaut vendre une promesse de résultat (conseil) en gardant un mensuel au prix plein.
- Marc-AntoineL'annuel fait perdre 20 à 25 % d'ARPU mais renforce l'engagement ; chez LearnyBox, les clients passent du freemium au mensuel puis à l'annuel au bout de trois à six mois.
Faut-il écouter les demandes de ses clients ?
- IsmaPas les demandes de paiement mensuel en phase de lancement, et les demandes de fonctionnalités doivent passer par le customer success, pas par le CEO.
- Marc-AntoineContrairement à l'infobusiness, livrer dans les temps les fonctionnalités demandées est quasi impossible dans la tech, car les clients se contredisent.
Comment concilier offre enterprise et self-service ?
- Marc-AntoineLes demandes sur mesure des grands comptes risquent de complexifier le produit pour les indépendants, comme Microsoft, puissant mais pénible.
- IsmaFaire financer les développements sur mesure dans une logique de laboratoire, s'appuyer sur une API et un MCP, et traiter le conseil comme une business unit séparée.
L'affiliation : cash immédiat ou destruction de marge ?
- Marc-AntoineL'affiliation a fait croître LearnyBox mais lui a coûté infiniment plus cher à long terme, car les clients restent des années et la commission de 30 % continue de courir.
Entreprendre seul, avec des associés ou avec un fonds ?
- Marc-AntoineSeul de préférence : un fonds ne fait que forcer plus vite les décisions difficiles, et une association à 50/50 est dangereuse.
- IsmaUne association fonctionne si les compétences sont réellement complémentaires et respectées (vente ou marketing, et tech).
- Un animateurDes investisseurs qui ont mis des dizaines de millions ont légitimement droit à un reporting régulier.
Citations
« Si l'idée n'est pas suffisamment attractive pour faire sortir la carte bleue et faire payer quelqu'un 3, 4, 5 000 €, ça fonctionnera pas. »
« Il faut pas les écouter parce que si tu les écoutes, tu vas tuer ta boîte. »
« Moi le produit je l'ai jamais payé 100 balles par mois. Je l'ai toujours payé 50 balles par mois sur une offre Black Friday. »
« Tu as pas un problème de distribution, tu as un problème de sales. »
« Une fois que tu as passé 3, 5 millions d'ARR pour ta boîte, il faut vraiment sortir de ça parce que ta boîte n'est pas ton SaaS. »
« Écouter son client et lui sortir la feature qu'il a demandée dans les temps qu'il a demandés, en fait, c'est quasi impossible. »
« Mon objectif, c'est comment est-ce qu'on fait pour passer à 30, 40 millions d'ARR dans les 24 prochains mois. Et ça c'est pas avec une calendar view. »
« Si Calendly à 20 balles par mois faisait le job, Chili Piper ne chargerait pas 1 000 € par mois. »
« J'allais même pas négocier. J'allais dire : voilà combien ça me coûte, voilà ce que je suis prêt à vous donner aujourd'hui. »
« On est une boîte de CRO. Je me suis pas réveillé un matin en me disant : ah je vais créer un calendrier. Je m'en fous moi des calendriers. »
« Moi je suis utilisateur Microsoft, je déteste. »
« Les gens ne veulent pas payer à l'année parce qu'ils veulent pas s'engager en fait. Personne veut s'engager. »
« Moi, je l'ai fait tout seul. Et moi, je vois bien ce que c'est que d'être seul et j'ai travaillé dans des fonds, donc je sais aussi ce que c'est. »
« C'est toi et ta propre ambition, toi et ta propre volonté, là où tu veux aller. »
« J'aime pas la notion de : je suis entrepreneur, je dois rendre de compte à personne. C'est pas vrai. »
« Ce que je sais faire, c'est du développement de business en ligne et du e-learning. »
Ce que les animateurs racontent
Ce que chaque animateur raconte de son parcours, de ses entreprises et de ses habitudes au cours de l'épisode.
Isma
- EntrepriseiClosed a démarré uniquement en abonnement annuel : sans self-service, la seule façon d'avoir le produit était de payer à l'année. 11:01« tu pouvais pas avoir iClosed en self-served. La seule manière d'avoir iClosed, c'était de payer à l'année »
- ConseilIl conseille de valider un logiciel avec une landing page et du pitch, de signer cinq à dix premiers clients (environ 50 000 € encaissés) et de faire venir le premier million de ce canal avant de passer au self-service. 12:01« je pense que ton premier million doit venir de ça »
- ChiffreGrâce à ses vidéos YouTube, des entrepreneurs lui paient 50 000 € pour qu'il les aide deux ou trois fois par mois pendant trois à cinq mois. 17:23« j'ai des gars qui me payent 50 000 € pour que je les aide deux fois ou trois fois par mois pendant 3, 4, 5 mois »
- EntrepriseLes clients d'iClosed (santé, investissement, private equity, immobilier) dépensent 100 000 à 200 000 € par jour en publicité ; il veut valoriser les statistiques anonymisées de la plateforme dans une offre de conseil, d'accompagnement et de staffing commercial. 19:31« on a des clients qui dépensent des 100, 200 K par jour en publicité »
- EntrepriseiClosed livre une intégration GoHighLevel ; il dit ne même plus suivre ces sujets tant son équipe est solide, et vise 30 à 40 M$ d'ARR dans les 24 prochains mois, sans levée de fonds. 29:58« mon objectif, c'est comment est-ce qu'on fait pour passer à 30, 40 millions d'ARR dans les 24 prochains mois »
- EntrepriseIl présente Chili Piper comme son concurrent, dont iClosed aurait davantage de clients, et situe iClosed entre Calendly et Chili Piper ; certains prospects trouvent son prix de 120 € par mois trop élevé. 35:25« nous par exemple on a un compétiteur qui s'appelle Chili Piper »
- EntrepriseIl lance une offre de « secret shopper » inspirée des inspecteurs du guide Michelin : audit incognito du tunnel de vente d'un client, rapport de 35 pages avec benchmarks et plan d'action sur trois mois. 39:19« l'idée, elle est venue du Michelin »
- ParcoursIl dit ne pas s'être lancé pour créer un calendrier : il en avait assez d'envoyer ses leads au mauvais closer ; quatre ans plus tard, il définit iClosed comme une entreprise de CRO. 49:36« J'en avais juste marre de les envoyer au mauvais closer »
- EntrepriseiClosed développe une intégration avec une IA qui appelle les leads et réserve les rendez-vous, demandée et payée d'avance par l'un de ses plus gros clients, pour une mise en production dans trois ou quatre mois ; les clients annuels ont la priorité sur les demandes de fonctionnalités. 54:12« Ce client nous a payé up front pour cette feature »
- OpinionEn tant qu'acheteur, il n'a jamais pris d'abonnement annuel, sauf récemment, et pense qu'une remise de 20 % ne suffit pas à faire s'engager un client, contrairement à une promesse de résultat. 1:15:03« Moi, je suis jamais du gars, j'ai jamais été le gars à prendre des deals à l'année »
- ParcoursIl a commencé avec une offre combinant iClosed, son paramétrage et la fourniture de closers, et avait une activité de staffing de closers sur le marché français. 1:29:04« Exactement ce que j'avais moi sur le marché français »
- EntrepriseIl prépare un accord avec une société de recrutement de closers, de setters et de sales managers pour aider ses clients à scaler, plutôt que de créer lui-même une formation. 1:30:06« on est en train de faire un deal avec une société de recrutement de closers et de setters et de sales managers »
- OpinionIl estime qu'il faut des cofondateurs aux compétences réellement complémentaires (vente ou marketing, et tech), « opérationnel » et « marketing » étant pour lui la même chose. 1:23:36« marketing c'est opérationnel »
Rémi
- VieAbsent de l'épisode ; Marc-Antoine note qu'il parlerait aussi bien de la création d'écosystème par acquisitions et partenariats. 1:28:03
Marc-Antoine
- EntrepriseIl présente LearnyBox comme issu du self-service pour indépendants et solopreneurs, avec un freemium donnant accès à presque toutes les fonctionnalités, puis des paliers payants mensuels ou annuels. 6:20« originellement on vient vraiment nous du self service de l'indépendant du solopreneur avec une partie freemium »
- ParcoursQuand il a repris LearnyBox, l'entreprise vendait énormément en promotions (Black Friday), ce qui dégradait la valeur perçue ; il a cherché à sortir de cette logique. 6:20« moi quand j'ai racheté il y avait un gros enjeu »
- EntrepriseIl fait monter LearnyBox en gamme vers les PME, ETI et quelques grands groupes, avec un accompagnement du projet de digitalisation vendu en contrat annuel payé d'avance, et des équipes recrutées ou formées pour ces clients. 7:21« ce qu'on fait aujourd'hui, en fait de l'accompagnement dans le projet de digitalisation »
- EntrepriseLearnyBox a signé il y a quelques semaines une franchise internationale, d'abord sur la partie française puis sur l'Espagne et le Portugal ; ces ventes impliquent de nombreux interlocuteurs et des cycles bien plus longs. 9:24« on a rentré il y a quelques semaines une franchise internationale »
- ChiffreLes contrats entreprise de LearnyBox atteignent 8 000 à 15 000 € par an payés d'avance, contre 500 à 3 000 € par an auparavant. 10:17« là où avant tu chargeais 500, 2000, 3000 par an, là c'est 8, 12, 15 aujourd'hui »
- EntrepriseIl a identifié un segment mal servi, entre 7 000 et 20 000 € par an, de prospects jugés trop petits par les acteurs corporate comme 360Learning ; une dizaine de prospects lui ont récemment dit ne jamais vouloir travailler avec eux. 32:09« un des marchés qu'on est en train d'adresser »
- AnecdoteMécontent d'un fournisseur d'infrastructure et d'hébergement qui lui coûtait environ 80 000 € par an, il a contacté l'un des principaux concurrents, qui l'a traité de haut et ne l'a jamais relancé, alors qu'il était prêt à signer sans négocier ; il en a fait une leçon pour son head of sales, Benoît. 42:35« je suis allé voir mon head of sales justement, je lui ai dit Benoît, je vais t'expliquer exactement comment faire pour ne pas faire perdre de l'argent à une entreprise »
- OpinionIl utilise les produits Microsoft et les déteste, malgré leur puissance. 52:20« moi je suis utilisateur Microsoft, je déteste »
- EntrepriseLearnyBox prépare une boutique intégrée directement aux académies en ligne de ses clients, « une sorte de Shopify », pour leur permettre de vendre et d'upseller. 1:01:50« on est en train de sortir un shop directement dans l'académie »
- OpinionIl se dit gêné par la dimension d'évangélisation qu'impliquerait la conquête du marché enterprise, mais oriente LearnyBox vers le conseil et l'accompagnement personnalisé. 1:03:23« J'ai pas trop envie d'évangéliser le marché là-dessus »
- EntrepriseLearnyBox a environ quinze ans et s'est développé par la communauté et l'affiliation, ce qui lui a coûté selon lui infiniment plus cher à long terme ; il a des clients depuis dix ans et reverse 30 % aux affiliés. 1:12:03« moi j'ai des clients depuis 10 ans »
- ParcoursIl a repris son entreprise seul, sans fonds d'investissement, et a auparavant travaillé dans des fonds. 1:21:05« Moi, je l'ai fait tout seul »
- OpinionIl estime que le seul avantage d'un fonds est de forcer plus vite les décisions difficiles, que les associations à 50/50 sont dangereuses, et se dit content de ne pas avoir à rendre de comptes à des actionnaires, ce qui rendrait selon lui le voyage moins excitant. 1:21:36« c'est une des seules raisons »
- EntrepriseIl a investi il y a quelques semaines dans Formdev, logiciel de gestion pour organismes de formation, après un an de discussions ; les deux outils restent indépendants et connectés, et il devient actionnaire et membre du board. 1:30:06« je deviens actionnaire, board member de cette boîte »
- VieIl dit cumuler aujourd'hui un rôle opérationnel et un rôle de chairman, ce qu'il juge compliqué. 1:34:14« Moi je fais un peu les deux aujourd'hui, c'est pas évident »
Chiffres cités
| Chiffre | De quoi il s'agit | Cité par | Moment |
|---|---|---|---|
| moins de 100 € | Prix typique du premier plan d'un SaaS | Isma | 2:53 |
| 2 à 3 € | Coût par clic évoqué pour l'acquisition d'un SaaS | Isma | 2:53 |
| 20 % | Remise classique pour un abonnement annuel | Isma | 4:45 |
| 3 000 à 300 000 € | Fourchette de prix possible pour un conseil adossé à un SaaS | Isma | 5:19 |
| 50 €/mois au lieu de 100 € | Prix payé par des clients de LearnyBox via les offres Black Friday | Marc-Antoine | 7:21 |
| 500-3 000 € puis 8 000-15 000 €/an | Évolution des tarifs de LearnyBox avec la montée en gamme | Marc-Antoine | 10:17 |
| 6 mois | Durée d'un cycle de vente enterprise évoquée | Isma | 11:01 |
| 5 à 10 clients / 50 000 € | Premiers clients annuels et cash encaissé pour valider un SaaS | Isma | 12:01 |
| 3 000 à 5 000 € | Montant qu'une idée doit pouvoir faire payer pour être validée | Isma | 12:01 |
| 1 million | Premier palier de chiffre d'affaires à atteindre en vente directe | Isma | 13:01 |
| 90 jours | Temps perdu pour trois tests A/B avec un essai de 30 jours | Isma | 14:46 |
| 12 à 18 mois | Délai minimal pour calculer une lifetime value | Isma | 14:46 |
| 100 puis 1 000 clients | Clients annuels à signer avant de viser le seuil où l'on peut scaler | Isma | 14:46 |
| 50 000 € | Prix payé par des clients d'Isma pour quelques mois de conseil | Isma | 17:23 |
| 24 $/mois | Prix du plan sur lequel des fonctionnalités sont offertes en essai | Isma | 17:23 |
| plus d'un tiers / 100 M$ | Part des revenus de ClickFunnels issue des services jusqu'à plus de 100 M$ de CA | Isma | 18:50 |
| 100 000 à 200 000 €/jour | Dépenses publicitaires de certains clients d'iClosed | Isma | 19:31 |
| x10 | Avantage de conversion d'une équipe de vente bien réglée avec les mêmes leads | Isma | 20:59 |
| 30 à 40 % | Commission des SDR en prospection outbound | Isma | 22:34 |
| 10 000 €/mois | Revenu d'un SDR qui signe environ un deal par trimestre | Isma | 22:34 |
| 100 commerciaux | Taille possible d'une équipe outbound pilotée par un VP of Sales | Isma | 22:34 |
| 15 à 50 fois | Multiple du plan le plus cher pour l'offre irrésistible de l'équipe de vente | Isma | 23:55 |
| 100 000 à 200 000 € | Prix possible des offres haut de gamme | Isma | 23:55 |
| 3 à 5 M$ d'ARR | Seuil au-delà duquel la croissance ne doit plus dépendre des fonctionnalités | Isma | 25:28 |
| 3 à 18 mois | Durée de développement d'une demande client | Marc-Antoine | 28:08 |
| 30 à 40 M$ d'ARR en 24 mois | Objectif d'iClosed sans levée de fonds | Isma | 29:58 |
| 7 000 à 20 000 €/an | Segment de marché mal servi identifié par LearnyBox | Marc-Antoine | 32:09 |
| 20 000 €/an | Budget minimal pour être pris en charge par les acteurs corporate comme 360Learning | Marc-Antoine | 32:09 |
| une dizaine de fois | Nombre récent de prospects froissés par les gros acteurs et revenus vers LearnyBox | Marc-Antoine | 34:20 |
| 625 à 650 M$ | Valorisation de Chili Piper en 2021 | Isma | 35:25 |
| environ 33 M$ | ARR de Chili Piper | Isma | 35:25 |
| 3 000 à 4 000 | Nombre de clients de Chili Piper | Isma | 35:25 |
| 800 à 2 000 € | Prix par siège de Chili Piper | Isma | 36:25 |
| 120 €/mois | Prix d'iClosed jugé trop cher par certains prospects | Isma | 36:25 |
| 35 pages | Longueur du rapport de l'offre « secret shopper » | Isma | 41:04 |
| 3 mois | Durée du plan d'action de l'offre « secret shopper » | Isma | 42:04 |
| 80 000 €/an | Contrat d'infrastructure perdu par le prestataire qui a mal traité Marc-Antoine | Marc-Antoine | 42:35 |
| tous les 10 ans | Fréquence de changement d'un prestataire d'infrastructure | Marc-Antoine | 44:17 |
| 450 € / 50 % | Coût par appel et taux de présence cités comme anormaux | Isma | 47:58 |
| 3 000 à 4 000 comptes | Base anonymisée des benchmarks de ChartMogul | Isma | 48:36 |
| 4 ans | Âge approximatif d'iClosed | Isma | 49:36 |
| 3 à 4 mois | Délai de mise en production de l'intégration d'IA d'appel des leads | Isma | 54:12 |
| 50 000 € / 500 000 €/mois | Prix qu'Isma peut facturer à une entreprise faisant 500 000 € par mois | Isma | 56:43 |
| 15 000-20 000 € / 10-20 M€ | Prix que LearnyBox peut facturer et taille d'entreprise à cibler | Isma | 56:43 |
| 50 % | Commission proposée aux commerciaux pour de l'enterprise avec logique de conseil | Isma | 1:02:23 |
| 1 M en 180 jours | Promesse d'un lancement de webinaire suggérée à LearnyBox | Isma | 1:06:53 |
| 1 à 5 millions | Rendez-vous réservés par mois qui confèrent son autorité à un SaaS de prise de rendez-vous | Isma | 1:09:28 |
| x2 à x3 | Hausse du coût d'acquisition sur les trois ou quatre dernières années | Isma | 1:10:00 |
| 15 ans / 45 centimes | Âge de LearnyBox et niveau des coûts par clic à sa création | Marc-Antoine | 1:12:03 |
| 30 % (40 à 50 % chez d'autres) | Commission d'affiliation versée par LearnyBox | Marc-Antoine | 1:13:02 |
| 20 à 25 % | Perte d'ARPU liée à la vente annuelle | Marc-Antoine | 1:13:02 |
| 3 à 6 mois | Durée typique en mensuel avant le passage à l'annuel ou le départ chez LearnyBox | Marc-Antoine | 1:15:03 |
| 50 % | Taux de divorce évoqué pour illustrer le refus de l'engagement | Isma | 1:16:03 |
| x2 à x3 | Prix acceptable pour une promesse de résultat garantie par rapport à l'annuel | Isma | 1:17:03 |
| -50 % | Remise annuelle de Waalaxy | Marc-Antoine | 1:17:43 |
| environ 15 M€ | Valeur de l'entreprise industrielle reprise avec un fonds par une connaissance de Marc-Antoine | Marc-Antoine | 1:20:14 |
| 15 000 $ | Prix d'un closer vendu par Cole Gordon | Isma | 1:29:04 |
| 1 an | Durée des discussions avant l'investissement dans Formdev | Marc-Antoine | 1:32:42 |
Chiffres rapportés tels qu'énoncés dans l'émission, sans vérification indépendante.
Conseils
- Valider un SaaS en vendant à l'année : landing page, pitch, cinq à dix premiers clients et environ 50 000 € encaissés avant de passer au self-service. (Isma) 12:01
- Ne pas céder trop tôt aux prospects qui veulent payer au mois. (Isma) 13:01
- Adosser une offre de conseil ou de services au logiciel pour générer du cash et augmenter le panier. (Isma) 17:23
- Monter en gamme et sortir des promotions répétées qui dégradent la valeur perçue du produit. (Marc-Antoine) 7:21
- Ouvrir un département outbound de SDR commissionnés, piloté par un VP of Sales, en parallèle de l'inbound. (Isma) 22:34
- Proposer une offre principale environ 15 à 50 fois plus chère que le plan le plus cher. (Isma) 23:55
- Confier les demandes de fonctionnalités au support et au customer success plutôt qu'au CEO. (Isma) 28:57
- Ne jamais traiter de haut un prospect aux dépenses moyennes : il peut venir avec le chéquier prêt. (Marc-Antoine) 44:17
- Isoler les business units, tracker correctement et s'appuyer sur des benchmarks externes pour éviter l'excuse des prospects non qualifiés. (Isma) 47:20
- Donner aux clients annuels la priorité sur les demandes de fonctionnalités et faire financer d'avance les développements sur mesure. (Isma) 54:12
- En vente consultative, commencer par un diagnostic chiffré (leads, taux de présence, coût par appel, taux de closing) avant de recommander une solution. (Isma) 1:03:55
- Vendre un résultat (« un million en 180 jours ») plutôt que de « l'accompagnement ». (Isma) 1:05:50
- Rémunérer à la commission les partenaires de confiance de sa cible. (Isma) 1:07:25
- Éviter les associations à 50/50 : l'un des associés doit pouvoir trancher. (Marc-Antoine) 1:23:36
- Choisir des cofondateurs aux compétences complémentaires (vente ou marketing, et tech). (Isma) 1:23:36
- Plutôt que de développer ce qui n'est pas son métier, investir dans un spécialiste et connecter les outils. (Marc-Antoine) 1:31:51
Recommandations
- autreArticle de Sequoia sur le mélange logiciel + services, recommandé par IsmaSource d'inspiration pour adosser du conseil au SaaS.
- outilChartMogul, recommandé par IsmaBenchmarks SaaS anonymisés pour prendre du recul sur ses indicateurs.
- outilApollo + Clay, recommandé par IsmaConstituer et enrichir une liste de prospects pour l'outbound.
- outilStorylane, recommandé par IsmaExemple d'outil de démo interactive orienté conversion.
Noms cités
Entreprises
- iClosed : SaaS de prise de rendez-vous et de closing d'Isma.
- LearnyBox : Plateforme de formation en ligne dirigée par Marc-Antoine.
- Sequoia Capital : Auteur d'un article sur le mélange logiciel + services.
- ClickFunnels : Plus d'un tiers de ses revenus venaient des services jusqu'à plus de 100 M$ de CA, selon un graphique cité.
- Y Combinator : Cité pour son conseil « écoutez vos clients ».
- Apollo : Outil de prospection du playbook outbound.
- Clearbit : Outil d'enrichissement du playbook outbound.
- HubSpot : CRM du playbook outbound.
- Microsoft : Exemple de produit puissant mais détesté ; Steve Ballmer cité.
- GoHighLevel : Intégration en cours de livraison chez iClosed.
- 360Learning : Acteur de l'e-learning corporate qui ne parle qu'aux budgets supérieurs à 20 000 €/an.
- Chili Piper : Concurrent d'iClosed, valorisé environ 625-650 M$ en 2021.
- Calendly : Outil de planification à 20 €/mois, qui a créé un ancrage de prix bas.
- Intercom : Exemple de client corporate de Chili Piper et de partenaire de confiance d'un ICP SaaS.
- Airtable : Référence à un multiple de valorisation de 75 évoqué la semaine précédente.
- ChartMogul : Outil de benchmarks SaaS anonymisés sur 3 000 à 4 000 comptes.
- Storylane : Outil de démo interactive montré par Isma.
- Arcade : Outil de démo interactive concurrent.
- Clay : Outil d'enrichissement de listes de prospects.
- Datadog : Exemple de partenaire de confiance à rémunérer à la commission.
- AWS : Exemple de partenaire de confiance d'un ICP SaaS.
- Waalaxy : Grille tarifaire mensuelle, trimestrielle et annuelle à environ -50 %.
- Canva : Exemple d'entreprise en retard sur son plan vis-à-vis de ses investisseurs.
- Formdev : Logiciel de gestion pour organismes de formation dans lequel Marc-Antoine a investi.
Personnalités
- Arnaud : Co-animateur absent de l'épisode ; cité pour avoir dit que beaucoup se lancent trop tôt dans le SaaS.
- Rémi : Co-animateur absent de l'épisode.
- Steve Ballmer : Ancien commercial et dirigeant de Microsoft, cité comme référence du métier de VP of Sales.
- Alex Hormozi : Cité pour son principe : facturer plus en faisant mieux, plus vite ou plus ; et sa « grand slam offer ».
- Russell Brunson : Exemple de vente d'un résultat via un premier funnel de webinaire.
- Cole Gordon : Vendrait des closers 15 000 $ pièce.
- Benoît : Head of sales de Marc-Antoine.
Produits et outils
- iClosed : Logiciel de prise de rendez-vous et d'optimisation de la conversion, à 120 €/mois.
- Offre « secret shopper » d'iClosed : Audit incognito du tunnel de vente avec rapport de 35 pages.
- Boutique intégrée LearnyBox : Boutique en préparation dans les académies en ligne des clients.
- MCP : Protocole cité, avec l'API, comme base pour construire des solutions sur mesure.
Lieux
- Bali : Lieu où se trouve l'un des deux animateurs pendant l'enregistrement.
- France : Éclipse et feux de forêt évoqués ; marché historique de LearnyBox.
- Espagne et Portugal : Déploiement de la franchise internationale cliente de LearnyBox.
- États-Unis : Marché de l'entreprise de staffing de closers d'une amie d'Isma.
