Crypto et stablecoins
Écouter le fil en 12 minutesDe la chute de l'action Circle au péage en bitcoin du détroit d'Ormuz, de l'euro numérique au stablecoin euro de Revolut : l'émission suit la crypto surtout par ses enjeux de monnaie, de régulation et de paiement, plus que par les cours. Le sujet revient parce qu'il touche directement le métier de Marc-Antoine (LearnyPay) et la souveraineté monétaire que commentent Arnaud et Rémi.
13 moments, de l'épisode 1 à l'épisode 23
Le fil démarre à l'épisode 1 avec Circle, émetteur de l'USDC, dont l'action perd 20 % : Arnaud y voit l'effet du Clarity Act sur le rendement des stablecoins et d'un audit annoncé chez Tether, tandis que Rémi relativise une variation de 20 % sur une société cotée 120 fois ses bénéfices. À l'épisode 3, le projet iranien d'un péage en bitcoin à Ormuz sert à Rémi et Arnaud de cas d'école : un des premiers usages jugés rationnels du bitcoin, présenté comme un désaveu des stablecoins, qui peuvent être gelés.
L'épisode 14 est le plus riche : l'euro numérique, présenté par Arnaud, est discuté sous trois angles (vie privée et lien avec le bitcoin pour Marc-Antoine, « succès administratif » mais « échec stratégique » pour Rémi, risque de dollarisation par les stablecoins pour Arnaud), puis le dossier Polymarket pousse Marc-Antoine à se demander « jusqu'où il faut être pirate ». Arnaud ramène ensuite la crypto à l'activité de Marc-Antoine à l'épisode 16, en suggérant qu'un acteur du paiement comme LearnyPay pourrait intéresser les émetteurs de stablecoins.
À l'épisode 23, le stablecoin euro de Revolut, émis par Bridge, relance le débat : Rémi y lit une approche « asset light » qui montrerait un manque de conviction ; Isma et Arnaud, au contraire, y voient un playbook et un enjeu majeur de la finance, la question étant de savoir quel stablecoin euro dominera.
Qui pense quoi
Arnaud est le plus engagé : il voit dans les stablecoins en dollar un risque de dollarisation et dans l'euro numérique une réponse possible, mais dit ne pas le soutenir pour autant ; il défend l'idée d'une monnaie programmable pour cibler les aides. Il juge les stablecoins l'un des grands sujets financiers des années à venir.
Rémi relativise les mouvements de cours (Circle) et analyse l'euro numérique en termes d'adoption : des plafonds qui limitent l'usage, donc un succès administratif mais un échec stratégique. Il lit le stablecoin euro de Revolut comme un signe de faible conviction et Polymarket comme une entreprise qui doit désormais bâtir des institutions.
Marc-Antoine s'intéresse au paiement et à la régulation, qu'il connaît par LearnyPay. Partagé sur l'euro numérique entre vie privée et souveraineté, il se demande jusqu'où un entrepreneur peut être « pirate » et doute qu'un grand groupe puisse payer un péage en bitcoin.
Isma se montre sceptique face aux programmes d'affiliation qui promettent du rendement (« l'affiliation plus le yield en général, ça finit assez mal ») et défend le playbook de Revolut plutôt qu'une lecture de manque de conviction.
Épisode après épisode
Circle recule, Tether et Clarity Act
Arnaud présente Circle, émetteur de l'USDC introduit en bourse en juin 2025, dont l'action perd 20 % le 24 mars 2026. Il avance deux causes : un projet de loi qui interdirait aux plateformes de reverser un rendement sur les stablecoins, et l'annonce par Tether d'un audit complet par un cabinet du Big Four. Selon ses chiffres, l'USDT pèse 184 milliards de dollars contre 78 pour l'USDC.
Relativiser les 20 %
Rémi relativise la baisse : la société a, selon lui, crû de 52 % par an en moyenne sur trois ans. Il rappelle le cycle des nouvelles technologies : bulle, valorisation sur le chiffre d'affaires, puis sur le cash-flow.
« une variation de 20 pour 100 en bourse d'une boîte qui cote à 120 fois ses bénéfices »Rémi
Un péage en bitcoin à Ormuz
Rémi ouvre l'épisode sur l'annonce d'un péage en bitcoin que l'Iran voudrait imposer sur le détroit d'Ormuz. Il y voit un tremblement de terre : une monnaie que ni un stablecoin ni le dollar ne peuvent offrir, parce qu'ils peuvent être saisis.
« un péage à payer en bitcoin, non pas en stablecoin parce qu'il pourrait être saisi, non pas en dollars parce qu'il pourrait être saisi »Rémi
Un usage rationnel du bitcoin
Arnaud souligne que les raisons de détenir du bitcoin ont longtemps été idéologiques ; ici, le choix est technique et pratique. Il y voit aussi un désaveu des stablecoins, dont une partie a été gelée, et un glissement de la souveraineté individuelle vers celle des États. Marc-Antoine doute qu'une grande entreprise comme TotalEnergies puisse payer ainsi.
Épisode 1428 juin 20262:16
L'euro numérique pour 2029
Arnaud présente l'accord de la commission du Parlement européen sur le cadre légal de l'euro numérique : objectif géopolitique de moindre dépendance à Visa, Mastercard et aux stablecoins en dollar, pilote en 2027, émission en 2029. La séance plénière était attendue en juillet.
« Le texte ne crée pas l'euro numérique »Arnaud
Épisode 1428 juin 20263:19
Vie privée, bitcoin et souveraineté
Marc-Antoine dit relier la vie privée au bitcoin et remarque que les opposants à l'euro numérique sont souvent pro-bitcoin. Il se dit partagé : il cite les limites du bitcoin (clé privée perdue, actifs disparus) et voit dans l'euro numérique un gain de souveraineté face à Visa et Mastercard.
« je suis hyper partagé »Marc-Antoine
Épisode 1428 juin 20266:54
Succès administratif, échec stratégique
Rémi relève que les plafonds de détention freineront l'adoption de l'euro numérique, limitée à son plafond, par exemple 5 %. Il y voit un projet qui peut réussir sur le plan administratif sans rien changer sur le plan stratégique.
« ça peut être un succès administratif de leur côté, mais ça restera un échec stratégique »Rémi
Épisode 1428 juin 202613:01
Le risque de dollarisation
Arnaud estime que le vrai rival de l'euro numérique n'est pas le bitcoin, plutôt un actif alternatif qu'une monnaie, mais les stablecoins en dollar, plus efficaces, auxquels l'euro serait presque absent (moins d'1 % des volumes selon une estimation qu'il n'a pas vérifiée). Si le marché ne fait pas émerger un stablecoin européen compétitif, dit-il, il faut une réponse publique.
« Si tu les laisses faire, tu dollarises ton économie »Arnaud
Épisode 1428 juin 202640:33
Polymarket doit changer de méthode
À propos d'une enquête du Wall Street Journal sur le marketing de Polymarket, Rémi y voit le moment classique où une entreprise doit remplacer les méthodes qui ont construit sa croissance par des institutions qui protègent sa légitimité. Il se demande aussi jusqu'à quel point l'opération était pilotée par l'entreprise elle-même.
Épisode 1428 juin 202646:14
Jusqu'où faut-il être pirate ?
Après les comparaisons entre Polymarket, plus « pirate », et Kalshi, concurrent régulé, Marc-Antoine pose la question pour tous les entrepreneurs. Arnaud dit se la poser chaque jour ; Marc-Antoine répond que l'entreprise sérieuse qui fait tout bien a ses limites, notamment en viralité, et cite la ligne jaune dont parle Xavier Niel.
« C'est jusqu'où il faut être pirate? »Marc-Antoine
Épisode 1612 juillet 20261:10:46
Les stablecoins veulent des paiements
En plaidant pour isoler LearnyPay dans une filiale, Arnaud observe que les sociétés de stablecoin disposent de gros budgets et cherchent à les placer derrière des processus de paiement. Un setup européen soigné, dit-il, vaudrait de l'or.
Épisode 2330 août 202653:58
Le stablecoin euro de Revolut
Rémi note que le stablecoin euro de Revolut n'est pas émis par Revolut mais par Bridge, société luxembourgeoise détenue en grande partie par Stripe. Pour lui, partir aussi « asset light » sur une nouvelle verticale signifie qu'ils n'y croient pas vraiment, même si la méthode du white label est un bon outil de validation.
Épisode 2330 août 202655:45
Qui fera le stablecoin euro ?
Arnaud conteste la lecture de Rémi : les stablecoins sont l'un des grands sujets financiers, avec le GENIUS Act et le Clarity Act aux États-Unis et MiCA en Europe. La question est de savoir qui créera le stablecoin euro dominant, l'euro étant presque absent des volumes. Isma estime que c'est surtout le playbook qui marche pour Revolut.
« Les stablecoins, c'est un des 3, 4, 5 gros sujets financiers de l'année passée et probablement des années à venir. »Arnaud
Depuis
Ce qui s'est passé après ces épisodes, d'après des sources publiques.
9 juillet 2026
Le Parlement européen a adopté en séance plénière son mandat de négociation sur l'euro numérique par 416 voix pour, 169 contre et 22 abstentions, ouvrant les trilogues avec le Conseil (premier trilogue le 13 juillet). L'objectif institutionnel est de conclure d'ici la fin de 2026.
L'euro numérique pour 2029, dont la séance plénière était attendue en juillet (épisode 14).
Source : The European Parliament decided to open negotiations on the Digital Euro Regulation (Banca d'Italia) · Digital euro: Parliament says yes, inter-institutional negotiations to start on 13 July (Eunews)
15 septembre 2026
Le Sénat américain a rejeté, par 49 voix contre 50 alors que 60 étaient nécessaires, la clôture de la motion de procédure qui devait ouvrir le débat sur le Clarity Act. Le vote ne portait pas sur l'adoption du texte : le texte n'a pas été adopté.
Le Clarity Act et son effet sur le rendement des stablecoins, évoqués par Arnaud à l'épisode 1.
Source : Clarity Act Stalls in Senate as Crypto Bill Fails to Clear Key Vote (Decrypt) · Clarity Act cloture vote (Stablecoin Insider)
Voir aussi
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