OpenAI et ChatGPT
Écouter le fil en 11 minutesOpenAI revient dans l'émission sous trois angles : sa stratégie de capital (des crédits de calcul contre des parts de start-up), son modèle économique (la publicité dans ChatGPT) et sa rivalité avec Anthropic. Les animateurs y voient autant un cas d'école d'allocation de capital qu'un test de la confiance des utilisateurs.
12 moments, de l'épisode 3 à l'épisode 30
Le premier jalon date d'avril : Marc-Antoine anticipe que les données confiées aux assistants serviront un jour à pousser du commerce et de la publicité dans ChatGPT (épisode 3). L'épisode 9 consacre ensuite un sujet entier à l'offre d'OpenAI aux start-up de Y Combinator, jusqu'à 2 millions de dollars de crédits contre des parts : Rémi y voit un coup d'allocation de capital de Sam Altman, Marc-Antoine une option gratuite comparable au « media for equity », Isma une asymétrie entre le coût réel des tokens et la valeur de la participation.
Avec le lancement d'un gestionnaire de publicités en juin (épisode 13), puis la nouvelle d'un milliard de dollars de revenus publicitaires annualisés en 200 jours (épisode 24), la publicité devient le sujet central. Rémi y voit la meilleure voie de monétisation d'un produit dont les marges se contractent, Arnaud juge les annonces peu intrusives et imagine un produit à 100 milliards de dollars par an, Marc-Antoine redoute que les utilisateurs cessent de confier leurs problèmes à une régie publicitaire.
En toile de fond, la rivalité avec Anthropic : la course des deux sociétés vers la Bourse (épisode 11), l'annonce d'OpenAI sur une IA qui aurait cherché à pirater un site, lue comme une opération de communication face à Claude (épisode 18), et le retour de Codex que les animateurs attribuent à un long travail de recherche (épisode 29).
Qui pense quoi
Rémi admire l'allocation de capital d'OpenAI, qui sème ses tokens dans les start-up au lieu de payer en cash, et juge la publicité le meilleur moyen de monétiser un produit dont les marges se contractent. Il retient aussi que les cyber-risques sont sous-estimés.
Marc-Antoine compare l'offre aux start-up au « media for equity » et y voit une option gratuite qui donne aussi à OpenAI un regard sur ce que construisent les jeunes sociétés. Pour la publicité, il craint une perte de confiance : on ne confie pas ses problèmes à une régie.
Isma voit dans l'offre de crédits une asymétrie très favorable à OpenAI, mais doute que le verrouillage des start-up tienne. Il teste la publicité en bêta dès le lancement et reconnaît à Codex d'avoir préparé son retour par une longue R&D.
Arnaud lit OpenAI comme un joueur de la course à l'introduction en Bourse, où arriver le premier est un avantage. Il trouve les publicités de ChatGPT peu intrusives et pense qu'elles pourraient peser, bien optimisées, 100 milliards de dollars par an dans douze mois.
Épisode après épisode
Données confiées, pub à venir
Marc-Antoine pense qu'OpenAI, qui commence selon lui à tester la publicité dans ChatGPT, verra ses utilisateurs s'inquiéter d'avoir confié trop d'informations quand ils comprendront qu'elles servent aussi à pousser du commerce et des annonces.
« donné un peu trop d'infos sur moi »Marc-Antoine
Des tokens contre du capital
Rémi explique qu'OpenAI transforme son coût marginal en option d'achat sur les meilleures start-up IA : des crédits de calcul contre des parts, pour devenir le choix par défaut. Il y voit le pari de Sam Altman de semer ses tokens dans toutes les boîtes.
« c'est une manière d'aller chercher à être le choix par défaut »Rémi
Une option gratuite
Marc-Antoine précise qu'OpenAI ne prend pas de parts tout de suite mais détient une option au moment de la levée, et compare le mécanisme au « media for equity » (Zalando, le fonds Raise de TF1). Il y voit aussi un risque : OpenAI voit ce que construisent ces start-up.
« c'est une option gratuite en quelque sorte »Marc-Antoine
Une asymétrie de coût
Isma souligne l'écart entre ce que ces crédits coûtent à OpenAI et ce que la participation peut rapporter, tout en doutant que le verrouillage tienne aussi bien que chez Amazon, des routeurs permettant de changer de modèle.
« il y a une asymétrie en vérité entre combien ça leur coûte à eux »Isma
Épisode 117 juin 202641:56
Pas de place pour tous
Arnaud note qu'OpenAI, Anthropic et SpaceX flirtent avec les 1 000 milliards de valorisation ou les dépassent : la liquidité ne suffira pas pour tous, et arriver le premier en Bourse est un avantage.
« Je pense qu'il n'y a pas la place pour tout le monde »Arnaud
Épisode 1321 juin 20261:25:52
Ads Manager d'OpenAI en bêta
Isma indique avoir déjà accès à la bêta du gestionnaire de publicités qu'OpenAI vient de lancer et avoir posé le pixel sur son checkout ; pour lui, tout dépendra de l'algorithme et du retour sur investissement.
« J'ai accès à la bêta »Isma
Épisode 1826 juillet 202642:30
Cyber : communication ou risque réel
Face à l'annonce d'OpenAI sur une IA qui aurait cherché à pirater un site, Arnaud y voit une opération de communication face à Claude, et Isma un angle marketing. Rémi retient surtout l'enjeu de fond : la cybersécurité est selon lui sous-estimée.
« on sous-estime le sujet du cyber quand même sur les 10 prochaines années »Rémi
Épisode 246 septembre 202645:36
Des pubs peu intrusives
Après avoir présenté le milliard de dollars de revenus publicitaires annualisés en 200 jours et l'ouverture dans plus de 40 pays, Arnaud dit avoir testé : dans des discussions techniques, les annonces proposaient des produits pertinents.
« Honnêtement les ads ne sont pas trop intrusives »Arnaud
Épisode 246 septembre 202649:00
La pub, faute de mieux
Rémi estime que les modèles de langage sont mal partis sur leur modèle économique, avec des marges qui se contractent, et qu'aucune autre voie ne permet de monétiser un tel volume aussi bien que la publicité.
Épisode 246 septembre 202651:59
La confiance, risque de la pub
Marc-Antoine voit un danger pour OpenAI : une fois qu'on sait que c'est une régie, on hésite à lui confier ses problèmes, et un concurrent promettant de ne jamais mettre de publicité peut en profiter.
« tu ne vas pas aller raconter tes problèmes à ChatGPT »Marc-Antoine
Épisode 2911 octobre 20261:21:15
Codex et le gros marteau
Isma attribue le retour de Codex à une R&D de plusieurs mois menée en silence, et en tire la leçon qu'il faut à la fois des feuilles de route courtes et des chantiers de six à douze mois.
« arriver avec le gros marteau »Isma
Épisode 3018 octobre 202638:30
Un appareil signé OpenAI
Marc-Antoine rappelle qu'OpenAI a recruté un des concepteurs de l'iPhone pour lancer un premier appareil, peut-être un collier ; Isma y voit deux voies pour OpenAI, s'attaquer aux logiciels d'entreprise ou aller vers le matériel.
« une sorte de collier qui enregistre et qui booste à l'IA »Marc-Antoine
Depuis
Ce qui s'est passé après ces épisodes, d'après des sources publiques.
8 juin 2026
OpenAI annonce avoir déposé de façon confidentielle un projet de document d'enregistrement auprès de la SEC en vue d'une introduction en Bourse, un peu plus d'une semaine après Anthropic ; elle précise ne pas avoir décidé du calendrier.
Fait suite à la remarque d'Arnaud (épisode 11) sur la course des grandes sociétés d'IA vers la Bourse.
Source : TechCrunch : Following Anthropic, OpenAI files confidentially for IPO
21 octobre 2026
OpenAI étend la publicité de ChatGPT à 26 pays supplémentaires, soit 89 au total. Elle indique que plus de 100 000 annonceurs ont lancé des campagnes depuis le lancement, il y a un peu plus de huit mois, et que les annonces restent limitées aux offres Free et Go ; l'entreprise avait annoncé en août un milliard de dollars de revenus annualisés.
Prolonge le sujet de l'épisode 24 (milliard de dollars annualisé en 200 jours, plus de 40 pays).
Source : Reuters via The Star : OpenAI expands ChatGPT ads to 26 more countries · PPC Land : Advertisers in 26 more countries gain ChatGPT ads, bringing the total to 89
Voir aussi
OpenAIChatGPTSam AltmanCodexY CombinatorAnthropicClaudeMetaSpaceXNasdaq
