Racheter une entreprise
Écouter le fil en 14 minutesDu LBO de CoolIT aux roll-ups de laboratoires, de la reprise de LearnyBox aux rachats de SaaS à prix cassé par Bending Spoons : l'émission revient sans cesse sur l'idée qu'on peut devenir entrepreneur en achetant plutôt qu'en créant. Marc-Antoine l'a fait, Rémi y voit un capital qui dure, et tous se demandent ce que cela change pour leur audience.
18 moments, de l'épisode 2 à l'épisode 28
Le sujet entre dans l'émission par la finance : dès l'épisode 2, Marc-Antoine explique le LBO de CoolIT par KKR et Rémi oppose ce capital court terme à Constellation Software, un conglomérat qui rachète de petits logiciels verticaux et ne revend jamais. Isma doute alors qu'un conglomérat de SaaS puisse durer, avec l'IA qui abaisse les barrières d'entrée. À l'épisode 8, le rachat de Legalstart par LegalPlace sert à Marc-Antoine à détailler la mécanique du private equity.
À l'épisode 10, Marc-Antoine raconte pour la première fois dans le podcast comment il est passé du private equity et de la fusion-acquisition à la reprise de LearnyBox, avec une formule qu'il reprend dès l'intro de l'épisode : « d'abord build un truc et après buy quelque chose ». Les épisodes 14, 20 et 25 suivent ensuite le mouvement Bending Spoons (IPO, Airtable, Miro) : les animateurs y voient tantôt une machine à extraire du cash de logiciels décotés, tantôt un signal que beaucoup de SaaS surévalués n'ont plus d'acheteur.
L'épisode 25 est entièrement tourné vers la reprise : environ 550 000 entreprises françaises à transmettre d'ici 2030-2040 selon Marc-Antoine, le roll-up expliqué à partir d'Eurofins, et un désaccord de ton. Rémi et Marc-Antoine y voient un actif patient, plus durable que le cycle de la formation en ligne ; Isma et Arnaud pensent d'abord à ce que l'audience peut en faire (vendre le playbook, devenir associé minoritaire). Les épisodes 21 et 28 prolongent la réflexion : reprendre seul ou avec un fonds, racheter pour gagner du temps ou une licence.
Qui pense quoi
Seul des quatre à avoir réellement repris une entreprise (LearnyBox), il défend la reprise comme un projet patient et très financier, avec la mécanique du LBO et du roll-up qu'il connaît du private equity. Il conseille pourtant de créer d'abord avant de racheter, et préfère rester seul plutôt qu'avec un fonds. Il reste prudent sur Bending Spoons : on ne sait pas, dit-il, ce que deviennent les sociétés restructurées.
Rémi voit dans le rachat une façon d'accumuler un capital qui dure : Constellation Software, Eurofins, ou des sociétés cotées qui utilisent leur titre comme monnaie d'échange. Il met aussi en garde sur le prix payé (Airtable) et cite un chiffre selon lequel la grande majorité des repreneurs feraient moins bien que le cédant.
Arnaud est séduit par la logique conglomérale et suit de près Bending Spoons, dont il présente l'IPO puis le rachat de Miro. Il propose à l'audience de se former pour devenir associé très minoritaire dans des roll-ups, où il voit un gain mathématique plus intéressant que le coaching en ligne.
Isma doute d'abord qu'un conglomérat de SaaS puisse durer à l'heure de l'IA, puis reconnaît la logique d'un stack construit par acquisitions (Slack, Intercom, Calendly). Pour l'audience, il pense surtout à vendre le playbook de la reprise plutôt qu'à reprendre lui-même, et prépare un challenge sur le sujet.
Épisode après épisode
KKR, CoolIT et les salariés
Marc-Antoine explique pourquoi l'opération KKR-CoolIT est rare dans le private equity : au lieu de réserver l'intéressement aux dirigeants, les 650 salariés ont touché une part de la plus-value. Arnaud a rappelé en ouverture le montage LBO et le prix de 4,75 milliards de dollars payé par Ecolab.
« Là, qui est super intéressant, c'est qu'ils l'ont fait pour tout le monde. »Marc-Antoine
Constellation Software, le capital qui dure
Rémi juge le cas de CoolIT moins parlant que celui d'un capital long : Constellation Software, introduite en 2006, accumule de petits logiciels verticaux et oblige ses managers à racheter des actions avec leur bonus. Isma doute qu'un conglomérat de SaaS puisse durer face à l'IA ; Marc-Antoine précise que le groupe a racheté environ 1 000 entreprises.
« il faut mettre en place du capital qui dure »Rémi
Le conglomérat selon Rémi
Rémi décrit sa propre « dynamique conglomérale » : reproduire une verticale réussie (actions, family office) dans d'autres secteurs avec des associés qui l'exploitent indépendamment, la gestion restant mutualisée. Arnaud en retient la question « qui monétise mes leads mieux que moi ».
« La dynamique conglomérale, c'est finalement le fait de reproduire une verticale comme ça sur d'autres verticales indépendamment de nous. »Rémi
LegalPlace rachète Legalstart
Marc-Antoine présente LegalPlace, qui lève 70 millions d'euros pour racheter son concurrent Legalstart, soutenu jusque-là par un financement de type LBO. Il y voit un cas d'école : quand deux acteurs qui se battent sur les coûts d'acquisition n'en font plus qu'un, les prix peuvent monter.
Ce qu'est vraiment un LBO
À la demande des autres, Marc-Antoine distingue le capital-risque, qui finance des idées non rentables, du rachat de sociétés rentables par des fonds, qui achètent des entreprises avec de l'EBITDA et jouent sur la croissance, le levier et le multiple.
« des gens qui rachètent des boîtes qui ont de l'EBITDA, qui ont de la rentabilité »Marc-Antoine
Épisode 1031 mai 202655:10
Comment on achète une boîte
Rémi lui demande de raconter pourquoi et comment il a racheté LearnyBox. Marc-Antoine explique qu'il voulait acheter une entreprise et qu'il lui fallait deux choses, de l'argent et savoir la gérer, ce qui l'a conduit vers le private equity puis la fusion-acquisition.
« Il faut 2 choses, il faut de l'argent, je n'en avais pas et il faut savoir gérer une boîte »Marc-Antoine
Épisode 1031 mai 20261:01:07
150 PME analysées en un an
Marc-Antoine raconte avoir quitté Rothschild pour chercher une entreprise à racheter : il passe une petite année à rencontrer et analyser environ 150 PME avant de tomber sur LearnyBox, qu'il décrit comme un « ovni » créé par un ancien coach de prise de parole en public.
Épisode 1031 mai 20261:04:51
Build d'abord, buy ensuite
Arrivé de la finance, Marc-Antoine dit n'avoir d'abord pas compris les vendeurs de formation. Aujourd'hui, à qui hésite entre créer et acheter, il conseille de commencer par créer.
« d'abord build un truc et après buy quelque chose »Marc-Antoine
Épisode 1428 juin 202653:43
Bending Spoons et son IPO
Arnaud présente Bending Spoons, groupe italien qui rachète des applications sous-performantes, réduit les équipes et reconstruit le produit, avec plus de 50 acquisitions et une IPO annoncée à 19 milliards de dollars. Marc-Antoine le rapproche de Constellation mais s'interroge : il manque, selon lui, une mesure de ce que deviennent les entreprises après restructuration.
Épisode 1428 juin 20261:02:48
Coter pour acheter
Rémi cite une statistique selon laquelle 38 % des sociétés font au moins une acquisition l'année suivant leur cotation : le titre devient une monnaie d'échange. Plus loin, Arnaud juge que de tels acheteurs sont utiles à ces sociétés dont l'activité tient mais dont la valorisation n'a plus de sens.
« une des principales raisons d'être cotée, c'est quand même le fait d'avoir une nouvelle monnaie d'échange pour acheter des boîtes »Rémi
Épisode 209 août 202645:03
Airtable revendue 2 milliards
Rémi présente Airtable, valorisée 11,7 milliards en 2021 et revendue environ 2 milliards à Bending Spoons. Il en tire deux leçons : le prix payé fait l'investissement, et quand le marché cesse de payer 10 à 30 fois l'ARR, il reste la capacité à transformer le revenu en cash.
« une excellente entreprise peut devenir un investissement catastrophique simplement parce qu'on l'a payé trop cher »
Épisode 209 août 20261:10:00
Le pari de Bending Spoons
Marc-Antoine rappelle la thèse de Bending Spoons : racheter à prix décoté des entreprises qui ont beaucoup de clients, se séparer d'une grande partie des salariés et les doper à l'IA. Les animateurs font le calcul d'un retour sur dix ans et se demandent pourquoi d'autres ont échoué là où le groupe mise 2 milliards.
Épisode 2116 août 20261:20:50
Reprendre seul ou avec un fonds
Marc-Antoine rapporte sa discussion avec un repreneur qui rachète une entreprise industrielle avec un fonds. Lui a repris seul, et pense qu'un fonds n'apporte qu'une chose : faciliter les décisions difficiles, au prix de plus de comptes à rendre.
« Sauf que lui, il le fait avec un fond. Moi, je le fais tout seul »Marc-Antoine
Épisode 2513 septembre 202612:01
Les PME ne savent pas vendre
Après avoir cité environ 550 000 entreprises françaises à transmettre d'ici 2030-2040, Marc-Antoine dit que l'audience a un avantage : ses compétences en marketing et vente. Selon lui, de nombreuses PME ne sont pas digitalisées, leurs concurrents sont locaux, et qu'il n'est pas nécessaire d'être très avancé pour faire la différence.
« Les PME, TPE françaises industrielles de services ne savent pas marketer, ne savent pas vendre. »Marc-Antoine
Épisode 2513 septembre 202632:01
Le roll-up, payer 5 revendre 10
Sollicité par Rémi, Marc-Antoine explique le roll-up : de plus en plus d'anciens banquiers d'affaires et du private equity s'y lancent. Acheter plusieurs petites entreprises à un multiple faible, mutualiser les services, financer en partie par la dette, puis revendre l'ensemble à un multiple plus élevé grâce à la prime de taille.
Épisode 2513 septembre 202636:48
Eurofins, le roll-up français
Rémi donne Eurofins en exemple : lancé par deux Français dans les années 1990, introduit en bourse en 1997, le groupe aurait fait plus de 600 acquisitions de laboratoires et vaudrait aujourd'hui environ 12 milliards, selon lui. Isma répond qu'on n'a pas besoin d'être milliardaire.
Épisode 2513 septembre 202655:25
Miro racheté à -90 %
Arnaud présente le rachat de Miro par Bending Spoons : environ 600 millions de dollars d'ARR, un prix d'environ 1,3 milliard alors que Miro détenait environ 435 millions de trésorerie, soit selon lui environ 90 % sous sa levée de 2022. Arnaud ajoute que le groupe vient d'ajouter plus d'un milliard d'ARR en quelques mois, avec Airtable.
Épisode 284 octobre 202648:24
Racheter pour entrer sur un marché
Après les exemples de Rémi (rachat d'une banque par Chime pour sa licence), Marc-Antoine pose la question pour ses propres marchés : pour entrer dans un nouveau pays, vaut-il mieux racheter un petit concurrent local, gagner du temps et payer, ou construire ?
« est-ce qu'il vaut mieux buy or build tout simplement »Marc-Antoine
Depuis
Ce qui s'est passé après ces épisodes, d'après des sources publiques.
1er juillet 2026
Bending Spoons a commencé à être cotée au Nasdaq (symbole BSP) à 29 dollars l'action, au-dessus de la fourchette annoncée de 26 à 28 dollars, pour 57,97 millions d'actions offertes. Le montant levé et la valorisation de 18,4 milliards de dollars sont rapportés par la presse financière.
L'IPO annoncée à 19 milliards de dollars présentée par Arnaud à l'épisode 14.
Source : Bending Spoons S.p.A. announces pricing of initial public offering (Business Wire) · Bending Spoons entre au Nasdaq et lève 1,68 milliard de dollars (France Épargne)
4 septembre 2026
Bending Spoons a annoncé avoir finalisé le rachat d'Airtable, en numéraire, pour 100 % des actions en circulation. Le communiqué ne précise pas le prix.
Le cas d'Airtable, valorisée 11,7 milliards en 2021 puis revendue environ 2 milliards, présenté par Rémi à l'épisode 20.
Source : Bending Spoons completes the acquisition of Airtable (Business Wire)
26 octobre 2026
Bending Spoons a finalisé le rachat de Miro (RealTimeBoard, Inc.). À la clôture, d'anciens actionnaires de Miro ont réinvesti environ 295 millions de dollars dans environ 6,2 millions d'actions nouvelles de Bending Spoons.
Le rachat de Miro, annoncé comme réalisé à environ -90 % de la valorisation de 2022 dans l'épisode 25.
Source : Bending Spoons S.p.A., Form 6-K du 26 octobre 2026 (SEC)
Voir aussi
LearnyBoxBending SpoonsConstellation SoftwareKKRMiroAirtableLegalstartLegalPlaceSalesforceBpifranceChime
